Milo sur Mars

Milo sur Mars
2011
Simon Wells

Comment ? Pourquoi ? A qui la faute ? Tant de questions se posent face au plus gros échec financier de l’histoire avec un déficit record, et sans doute imbattable, de 110 millions !!! Doté d’un gros budget de 150 millions, les recettes se chiffrent à moins de 40 millions (38.99 selon les dernières estimations). De tels chiffres ont d’ailleurs mis en attente le statut du film en France : indéfiniment annulé au cinéma et en négociations pour une sortie DVD/Blue-ray. Et pourtant, le réalisateur avait de quoi rassurer : Simon Wells est à la fois connu dans e milieu de l’animation et du grand spectacle. Que s’est-il donc passé ?

Pour l’histoire, la science laissera sa place à la fiction : il y a, et a eu depuis longtemps, de la vie sur Mars. Vivant sous terre, les martiennes ont imposé un choix de vie bien particulier : les enfants seront élevés par des robots nourrices et tous mâles seront rejetés et laissés dans leur immense décharge. Mais pour avoir des nourrices efficaces, des études sont menées sur les terriens pour choisir la meilleure mère et en faire leur modèle, le tout est « mis à jour » de façon régulière. Leur dévolue sera donc jeté sur la mère de Milo mais au moment de l’embarquement, Milo se glisse à bord pour délivrer sa mère…

Deux choses choquent immédiatement : les graphismes et la cohérence scientifique. Outre le fait que la vie sur Mars telle qu’elle est décrite est impossible, on devra faire avec des problèmes récurrents d’air et de chaleur. Porter un casque, c’est bien beau, mais quand il n’est relié à rien, c’est n’importe quoi ! D’autant que notre air est composé de 78% d’azote (contre 2.7% sur Mars) et 21 % d’oxygène (contre 0.1% sur Mars). Un simple filtre serait largement inefficace et il semblerai aussi peu probable que l’air intérieur soit compatible entre les deux types d’organismes. Plus encore que le casque, une combinaison serait hautement requise car la température moyenne est de – 63 °C avec au mieux – 3 et au pire – 133 °C. Bon après il reste la barrière de langue. L’invention d’un traducteur audio en live semble irréaliste, mais admettons, mais seulement ça ne marche que dans un sens. A moins que les martiens comprennent notre langue. Pas très clair tout ça…

Bon c’est assez énorme comme erreur et c’est quasi impardonnable mais comme il s’agit d’un film tout public, on tentera tant bien que mal de passer outre.
On suivra donc une histoire plutôt bien ficelé et amusante, sans être débile, avec des personnages intéressants. Le tout avec une fin moralisatrice, mais pas trop, et émouvante, mais pas trop. Reste les graphismes…
Plus qu’un choc, c’est une véritable claque monumentale tant c’est fin, détaillé à outrance, d’un design resplendissant, d’une résolution infinie et d’une beauté à couper le souffle. La cité est mille fois plus réussie que le monde de Tron l’héritage, qui semble avoir largement inspiré l’équipe. Les couleurs ressortent de façon magique, mettant en avant le très bon travail artistique. C’est généralement une tare dans la plupart des films d’animations, les humains sont ici très bien représentés et le morphing est réussi. Les aliens ne sont pas en reste et même si un phénomène de clonage violent se ressent, ça reste très esthétique.
Il s’agit donc là d’un film sympathique à considéré plus comme une oeuvre graphique qu’autre chose.

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