Secret of Evermore

Secret of Evermore
1995
Super Nintendo

Tout le monde s’accorde à dire que Secret of Mana est un très grand RPG et les ventes ont été très bonnes. Mais pour une raison inconnue, la suite sur les descendants de mana ne vu jamais le jour en dehors du Japon. Et pour nous consoler, pauvres joueurs que nous sommes, Square USA a conçu pour le reste du monde son successeur spirituel. Sans être directement relié à son aîné, Secret of Evermore tente de reproduire le même schéma.

Graphismes : 15/20

Alors que quelques années ont passé, on aurai pu croire que la technique avait évolué mais il n’en est rien. Pire encore, le jeu souffre d’un problème de choix : il se veut plus réaliste. Fini les décors cartoonesques colorés et joyeux et bonjour les couleurs ternes et les effets pixélisés. Si le moteur graphique reste globalement le même, le design est beaucoup moins inspiré. Les animations manquent elles aussi d’envergure et de panache. Où sont les grosses magies déferlant sur la totalité de l’écran ? Par contre, on peut accordé au jeu un très beau panel d’environnements rarement vus comme des temples et autre architectures de l’antiquité, ou encore de beaux décors moyenâgeux. Mais la jungle et la station spatiale manquent d’originalité et de gaîté.

Jouabilité : 15/20

A première vu, il semblerai qu’on est droit à un portage du système de Secret of Mana avec le même système de combat mais nombre de changements mal avisés ont été apporté. Proposé sous forme d’action-RPG, le joueur est accompagné de son fidèle chien et tout deux affrontent les ennemis qui se présenteront devant eux, pour peu que leur jauge d’attaque soit à 100%. Le héros possède 4 armes : le Bazooka (vers la fin), rechargeable avec des munitions qui coûtent un bras (attention à bien viser !) ; la Hache, la pire arme du jeu étant donné que vous en avez presque toujours une meilleure sous la main, qui sert de temps à autre à casser des trucs qui gênent ; l’épée, arme de base sans aucun intérêt ; et la lance, très pratique pour attaquer les ennemis  éloignés. Les trois dernières armes peuvent gagner deux niveaux (tuer 100 puis 200 ennemis) et chacune sera disponible en 4 exemplaire, donc 24 niveaux à monter soit 300*24=7200 ennemis à tuer de sa main. C’est particulièrement chiant et difficile car votre ami est dès le début plus fort et comme son arme c’est lui, ses deux niveaux sont gagnés rapidement et sa force d’arme augmente avec les niveaux d’expérience, ce qui n’est pas le cas du héros. Du coup, on se retrouve à la fin du jeu à faire péniblement du 500 de dégât quand votre chien balance décontracté du 2500. Autre grande injustice, la défense : la plupart des ennemis vous font du 30 de dégât (du début à la fin presque, et quand on est à 40 ou 450, l’impact n’est pas le même) et le chien 0 ! En gros : vous êtes une merde et votre chien est Stalone. Le jeu est truffé de problème d’équilibrage : très dur au tout début, facile durant le reste et horrible pendant les derniers combats. Autre grand problème du jeu, pour cause de réalisme, l’alchimie : au lieu de faire de la magie, notre héros devra concocter des formules et collecter des ingrédients pour lancer des attaques et autres soins (la liste est d’ailleurs immense). Mais il faut aussi les monter en niveaux (10 je crois, j’ai pas pu tester au delà de 7) or l’argent ne tombe pas du ciel et les ingrédients coûtent une fortune ! Surtout que chaque régions de Perpétua possède sa propre monnaie (bien qu’on puisse au bout d’un moment échanger) et que tout les ingrédients ne sont pas trouvable partout et certains sorts deviennent obsolète. Plus encore, les ennemis peuvent être très chiant entre les agités qu’on rate tout le temps et ceux qui volent ou sautent et qu’on rate aussi (pas génial pour gagner les niveaux d’arme). Bref, malgré sa base ultra solide, le jeu est très mal calibré.

Durée de vie : 13/20

Comme pour son model, il faut 15 heures pour plier intégralement le jeu. Mais cette durée de vie est faussée et abusive de par l’incompréhension que subit le joueur à chaque pas. Je sais ce qu’il faut faire mais comment j’y arrive ? Et le jeu peut se montrer incroyablement vicieux et machiavélique : très souvent pour avancer il faut découvrir un passage secret ou faire un truc complètement insensé et en totale rupture avec le reste. Et on ne s’y fait jamais… Vous allez devoir vous taper cinquante mille fois chaque centimètre de la carte.

Bande son : 18/20

A la bonne heure ! Voilà enfin un point sur lequel le jeu est indiscutablement excellent. Quasiment tout les thèmes sont splendides, fort et intenses. Et cela colle à la perfection ! Il suffit d’écouter la musique de la ville en ruine d’Ebony pour comprendre la magnificence de ce jeu. Que c’est beau !

Scénario : 13/20

Les créateurs ont choisit le parti prit de l’originalité : un jeune homme (genre Elvis en blond avec le look Marty) de Pontoise (en région parisienne ??? s’ont fou ces traducteurs) poursuit son chien poursuivant un chat. Cette course poursuite les mènent dans un vieux manoir où se trouve une vieille machine. Après y avoir touché, notre héros se retrouve plongé dans Perpétua, un monde réel programmé virtuellement. On retrouvera quatre époques : la préhistoire, l’antiquité, le moyen-âge et le futur. Un bon gros délire plein de références cinématographiques et littéraires mais cela ne décollera malheureusement pas…

Note Globale : 15/20

Pas facile de succéder au mythique Secret of Mana. Conscient de ça, les développeurs ont opté pour une approche quasi opposée : un réalisme humoristique. Tout le jeu (graphisme, histoire), de même que ce qui le compose (système de jeu) est extrêmement réaliste mais le héros est pour sa part un grand naïf puéril qui prend la vie à la rigolade. Ce décalage est amusant et l’ambiance, particulièrement aidé par de belle régions intéressantes, est parfaitement réussie. Néanmoins, on pourra reprocher au jeu des graphismes ternes et une difficulté extrêmement mal réglée. Reste une alternative sympathique et originale qui est agréable à jouer.

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