Les Beaux gosses

Les Beaux gosses
2009
Riad Sattouf

Improbable succès surprise, le film ne se destinait pas à grand chose. Et pour cause : il s’agit d’une comédie sur des ados débiles et sentimentalement attardés. Et pourtant, le film le fut acclamé par la critique et les spectateurs ont répondu présent : 894 277 entrées. Certes ça n’est pas non plus extraordinaire mais en pleine période de crise, l’été 2009 fut l’un des pires de l’histoire, bien que ce fut mérité vu l’avalanche de navets. L’objectif du film était simple : faire rire en étant réaliste. Report par dépit ou mission réussie ?

Comment se passe la vie d’un 3° ? A quels genres de problèmes fait-il face ? Pour répondre à ses questions tant fondamentales que philosophiques, le film nous propose de suivre le quotidien de Hervé (Vincent Lacoste), un gros blaireau plutôt laid, au style sale et à l’intelligence aussi développée que sa politesse, soit inexistante. Du coup, il galère avec les filles, se fait martyrisé par les autres élèves et traîne avec trois autres paumés. Victime de ce qu’il est, il subit sa vie de merde. Mais quand Aurore va entrer dans sa vie, les choses vont changées. Ou pas…

Le choc est plus que thermique, il est épidermique. Comment des êtres humains normaux peuvent engendrer de tels déchets à ce point cons. Certes, on n’attend pas d’un 3° de pouvoir discuter littérature ou science-fiction, quoiqu’il pourrait, mais le niveau est des plus inquiétant. Conscient qu’ils font souffrir des gens et qu’ils participent au vicieux cercle de torture psychologique, ces ados s’entêtent à se conduire comme des abrutis finis et préfèrent se cracher dessus plutôt que de coexister. Le pire, c’est que la réalité n’en est pas si éloignée et que cela tant à être une généralité, donnant une crédibilité au film et condamnant l’humanité. Du coup, d’un côté on rit beaucoup du pathétique des situations, et de l’autre on ressent cette douleur, cette même brimade que certains parmi nous ont subit. La vie est parfois cruellement drôle. Cela donne un film intelligemment débile qu’on appréciera plus ou moins en fonction de notre vécu et expériences personnelles.

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