Cosmopolis

Cosmopolis
2012
David Cronenberg

Il y avait des signes qui ne trompent pas et pourtant, la curiosité l’a emporté. Après tout, même si certaines de ses œuvres furent mauvaises, David Cronenberg offre souvent des films originaux avec un fond intéressant. De plus, preuve de qualité, le film fut acclamé par la presse et ressorti de Cannes sans aucun prix. Et pourtant, à l’image du livre visionnaire de Don DeLillo, les spectateurs ont assez largement pesté contre le film. Qui à raison ?

Le principe du film est intéressant : un plan d’ensemble de la vie d’un trader narcissique et opportun. Ainsi, on suivra Eric Packer (Robert Pattinson), jeune trader chanceux et talentueux à qui tout réussi et dont la fortune et la célébrité sont faites. En pleine spéculation sur le yuan (monnaie chinoise), il décide de prendre sa limousine pour aller se faire couper les cheveux à l’autre bout de la ville. La présence du président n’y change rien et qu’importe s’il doit y passer la journée, il ira se faire couper les cheveux !

Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Si le film débute tranquillement, un constat s’impose dès la rencontre de sa femme : les dialogues sont affligeant. En permanence hors-sujet, ils sont aussi d’une connerie et d’une inutilité ahurissante. De bout en bout, le film aligne des dialogues insipides, débiles et chiant qui auront raison de notre patience au point qu’à mainte reprise les paupières seront lourdes, très lourdes. Le pire c’est qu’un travail de respect le plus total envers le livre fut opéré : se sont les mêmes mot pour mot. Dire que l’histoire est mauvaise serait un doux euphémisme tant ça à l’air d’être écrit sous extasie. Rien n’est cohérent, rien n’est logique : les gens réagissent n’importe comment et font n’importe quoi. Genre se pointer dans un resto pour dire, rats en mains, “Un spectre hante le monde” ; demander son arme à un ami pour le buter ; se prendre un coup de taser par envie ; se tirer une balle dans la mains, etc… Cela donne par moment un côté nanar au film et par la même drôle, mais de manière générale c’est tellement lent et pauvre qu’on aura du mal à vraiment en rire. Excédé et assommé, le spectateur se mettra à compter les minutes dans un dernier face à face navrant se terminant par… rien ! Eh oui, le film ne se termine pas et en pleine scène, alors qu’il devrait enfin se passer quelque chose, générique. Paf ! Après avoir souffert durant une éternité (le film fait officiellement 1h48 mais vu l’ennui ça semble largement sous-estimé), la patience du spectateur (du pigeon) est puni par la pire des sentences possible :  annihiler la raison d’être du film. Et pourtant, nombre d’acteurs reconnus ont participé à ce canular : Juliette Binoche, Mathieu Amalric, Jay Baruchel, Kevin Durand, Sarah Gadon ou encore Paul Giamatti. C’est donc d’autant plus dommage de les voir participer à ça. Se foutre de la gueule des gens c’est mal !

This entry was posted in Cinéma, Critiques. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *