La Comtesse

La Comtesse
2010
Julie Delpy

Pour son troisième film, Julie Delpy s’est attaquée à l’histoire. Mais pas n’importe laquelle : celle de la comtesse hongroise Elizabeth Bathory qui vécut de 1560 à 1614. Une histoire qui lui tenait visiblement à cœur puisqu’en plus d’avoir réalisé le film, elle en a aussi écrit le scénario après sept années de recherches. Un gage de qualité ? Certes, mais cela suffit-il ? Va savoir…

Tout commença donc lors de la naissance de Elizabeth Bathory (Julie Delpy). Élevée à la dure, elle subit brimades et isolements et dû faire face dans l’indifférence la plus totale de la mort de ses proches. Années après années, elle devint une reine de glace qui mène ses terres avec force et discipline. A tel point qu’elle obtint une richesse plus grande encore que son roi. Tant respectée que crainte, elle imposait une figure féminine et protestante dans un monde d’hommes catholiques. Mais elle succomba à la seule faiblesse des femmes : l’amour. – Comme quoi, les temps ont bien changé. – Tandis qu’elle approchait la quarantaine, elle fit la rencontre de Istvan Thurzo (Daniel Brühl), une jeune homme de 21 ans et de très bonne famille. Mais son père (William Hurt) refusa à son fils de la revoir. Persuadée qu’il est parti pour une plus jeune, Elizabeth se mit en quête de la jeunesse éternelle et cru l’obtenir en se lavant avec du sang de jeune vierge.

Le début du film est plus que prometteur entre des décors esthétiques jouant habilement sur la lumière et une histoire qui s’annonce assez intéressante. Bien vite expédié mais suffisamment explicite, l’amorce introduit une comtesse sombre et très attirante. L’ambiance est excellente avec de magnifiques châteaux, d’imposants costumes et un maquillage parfait pour l’héroïne qui convainc à tout âges. Et son histoire d’amour, bien qu’assez clichée, nous passionne. On assiste donc à une première demi-heure de très haute qualité. Puis vint le veto paternel mettant un arrêt à leur relation et enlisant le film dans ce qui va être une lente descente aux enfers. Immédiatement après, le rythme se casse la figure et si le talent de Julie Delpy reste impressionnant, son charme s’amenuise à mesure que la folie la gagne. L’horreur de la situation ne nous atteint pas et durant toute la seconde moitié, le film s’enracine dans une déchirure ennuyeuse. Si le film reste de bout en bout irréprochable au niveau de la réalisation, du visuel et des acteurs, il n’empêche son intérêt chute doucement mais surement, à l’image de la comtesse.

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