The Invention of Lying

The Invention of Lying
2010
Ricky Gervais, Matthew Robinson (II)

Imaginez un monde sans mensonges ni tabou, un monde dans lequel les gens seraient eux-même et diront ce qui leur passe par la tête, qu’importe les conséquences. C’est justement ça le principe de base du film : un monde sans inhibitions ni mensonges. Et pour cause : cela n’existe pas. Du coup, une chose comme le cinéma devient une simple vidéo d’une personne lisant une histoire vraie. Car étant obligés de dire la vérité sans contrôle possible, jouer la comédie ou raconter une histoire fictive est impossible. En résulte un univers mignon où tout le monde accepte son sort avec réalisme et résignation.

Et dans ce petit monde, Mark (Ricky Gervais) s’est fait à l’idée d’être un looser : il est petit, grassouillet et pauvre. Mais il a beau le savoir, cela ne l’empêche pas d’aspirer à des rêves de grandeur tant professionnellement que sentimentalement. Mais son agence l’a viré et son grand amour Jennifer (Jennifer Garner) vaut infiniment plus que lui. Et comme son voisin (Jonah Hill), Mark est condamné à finir sa vie misérablement. D’ailleurs expulsé de son appart, il allait péniblement retirer ce qui lui restait sur son compte pour éviter de finir à la rue. Et à ce moment là, alors qu’il n’avait que 300$ sur son compte, une voix intérieur lui fit dire 800$. Ce monde ne connaissant pas le mensonge, la banquière s’excusa d’une erreur technique et lui donna l’argent. Dans un monde pure et crédule, Mark va découvrir que mentir est le plus puissant de tous les pouvoirs.

Dès le début, le film bluffe par l’intelligence du scénario. Le spectateur découvre hilare un monde alternatif où chaque personne fait part aux autres de ce qu’elle pense sans aucune retenue. Mais plus que le comique de situation, on explosera de rire de par la véracité du message : la réceptionniste quelconque qui accueille Jennifer par un « bonjours, je suis complexée par votre beauté » ; le serveur qui avoue « j’ai honte de travaillé ici » ; ou tout simplement le contact humain où les gens draguent en amorçant par un « j’ai envie de coucher avec vous ». Le contexte est une mine d’or comique et le pire c’est que ce qu’ils disent reflète parfaitement la réalité. Le film prend tout de même le parti prit, probablement choquant pour les religieux, de dire que Dieu n’est qu’une invention humaine ayant pour but de justifier notre présence sur Terre et de rassurer les mourants terrorisés par la mort. C’est entre autre l’un des sujets philosophique qui sera amené durant le film qui, en plus de connaître un début tordant et un développement à la Bruce tout puissant (en infiniment meilleur), contient beaucoup de questions sur notre mode de vie, notre rapport aux autres et ce qu’on pense. L’analyse faite est réellement troublante et l’humour extraordinairement fin trouve un échos réflexif. On en doute parfois mais tout reste à faire au cinéma et certaines idées de génies peuvent encore émerger comme nous le prouve ce chef-d’œuvre d’intelligence et de perspicacité qui a certes, quelques coup de mou, mais dont la puissance émotionnelle et le message le portent au plus au rang.

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