Detachment

Detachment
2012
Tony Kaye

Dans la vie d’une personne, son évolution est façonnée selon son éducation, son milieu et ses goûts. Le contexte familial est primordial et prime souvent sur tout et quand les problèmes s’accumulent et que l’être en éveil s’égare, il est du devoir des enseignants de montrer la bonne voix à ses âmes vagabondes. Perdus et en quête d’identité, elles airent sans comprendre une chose essentielle : peut importe d’où on vient ou ce que l’on croit valoir, atteindre un objectif n’est qu’une question de motivation et de temps. Abordé de façon philosophique, le film traitera de ce sujet sensible et polémique : la scolarité et l’enseignement.

Digne représentant de ce métier névralgique, Henry Barthes (Adrien Brody) fait parti de ces professeurs remplaçants dont le seul but est de faire tourner la classe en attendant le retour ou le changement du professeur titulaire. Juste de passage, il ne fait que traverser ses établissements et s’est fixé pour ligne de conduite le détachement. Rien ne lui importe, rien ne l’affecte : il délivre son cour tel un automate que même les plus récalcitrants n’osent interrompre. Mais un jour, en sortant de sa visite quotidienne à l’hôpital avec son grand-père, il fit la rencontre impromptue d’une prostitué aussi jeune qu’amochée qu’il décida d’aider. Mais ce jour là, ce n’est pas qu’à une seule personne qu’il à ouvert, il a ouvert son cœur au monde entier.

Il est vrai, le sujet des professeurs et leur relation d’éducateur avec les élèves fut mainte fois abordé (Half Nelson). Mais une chose fait la différence ici : leur dévouement. D’une perspicacité et d’une véracité irréfutables, le film met le doigt sur d’innombrables faits malheureux et pourtant vrais tels l’absence d’avenir pour tout ces enfants qui ne s’en donne pas la peine et l’ingratitude du métier d’enseignant : aider au mieux des gens qui s’en foutent et vous crachent à la figure. Le cas présent est extrême mais plutôt représentatif de l’état général de nos institution et le message est universel. Mais le film y amène un rayon de lumière : Adrien Brody. On le savait déjà, c’est un acteur exceptionnel. Et il faut bien le lui reconnaître, son talent est toujours aussi immense et l’intensité dramatique et émotionnelle du film ne serait rien sans sa prestance et son charisme hors normes. Triste, défaitiste, engagé, le film est surtout très intelligent et nous émeut autant qu’il nous inspire.

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