Illusion of Time

Illusion of Time
1993

Considéré à tord comme la suite de Soul Blazer, le jeu ne fait que partie d’une trilogie de jeu produits par la même équipe sur Super Nintendo qui s’acheva par Terranigma avec à chaque fois un univers et des personnages différents. Néanmoins, le jeu ayant connu un franc succès à l’époque, il connu un préquel trois ans plus tard sur Playstation : Brightis. Son vide graphique et ses modélisations 3D affreuses le condamneront malheureusement à l’oubli et sera privé de sorties étrangères. Mais il faut bien dire que les excellents RPG étaient légion sur cette console avec notamment Tales of PhantasiaFFVI, Secret of mana, sa suite et son alter-ego, sans oublié le légendaire Chrono Triggers.

Graphismes : 16/20

Le moteur du jeu est assez classique avec une vue de dessus plutôt bien choisie qui permet une lisibilité bonne. D’un point de vu purement technique, les environnements ne sont pas très détaillés mais le résultat est tout de même propre. On regrettera cependant le manque de variétés au sein d’un donjon / ville car cela ne fait pas honneur aux efforts d’originalité. En effet, les lieux visités sont aussi rares que beaux entre des ruines, une pyramide, des grottes, la muraille de Chine, une forêt de champignons et bien d’autres endroits à l’architecture magnifique. Pour ce qui est des personnages, les modèles sont généralement laids exceptions faites du héros Paul et de sa forme Chrysaor et à la limite Likéfia, mais on aurait pu faire tellement mieux… Même les boss sont du recyclé : douze mais seulement sept différents. Le potentiel graphique du jeu était colossal mais le résultat est à peine beau et ne fait clairement pas parti des meilleurs de la console.

Jouabilité : 14/20

Le mot ergonomie leur est totalement étranger. Sur les boutons X, Y, A et B, seuls A sert pour frapper et B pour utiliser un objet équipé avec Select. L et R servant à attirer des grenats ou exécuter un combo. Et ce fameux bouton B sera votre pire ennemi durant le jeu tant le réflexe de l’utiliser pour courir est persistant. À la place, il faudra appuyer deux fois sur une direction puis maintenir cette direction. Autrement dit il est impossible de courir en tournant. Ça aurait été si compliqué de programmé une touche de plus ? On pestera aussi contre le menu Select particulièrement indigeste et qui limite votre inventaire à 15 objets. Sachant que bon nombre d’objet ne vous servent qu’une fois mais que par peur de faire une connerie on n’ose pas les supprimer, cela vous encombre dangereusement, surtout quand on attend une ville depuis trois plombes car on a huit rubis de feu sur sois ! Et du coup on se retrouve à utiliser une herbe, seul objet du jeu à vous remonter un peu la vie (10 PV sur un total pouvant aller jusqu’à 40, ou 39 si on a raté le putain de pot à Freesia) et qui ne se trouve ni à acheter ni à gagner dans un mini-jeu car il n’y a pas d’argent ici ! Et quand on utilise Paul et qu’on se fait pourrir par les ennemis car il a une allonge minable, qu’il frappe moins fort que les deux autres, que sa défense est à la ramasse et que ses pouvoirs sont inutilisables en pleine action, manquer d’Herbe est un luxe impensable. Et tout cela devient une véritable purge dans la mission, déjà impossible à faire sans jouer avec la soluce à côté pour ne manquer aucun des 50 rubis de feu, de Samuel le bijoutier qui se ramènera à la fin d’une map bourrée d’ennemis surpuissants vous ruinant votre barre de vie qui ne remontera pas puisqu’il n’y a pas de passages vers Gaïa ! Et là vous vous retrouverait face à un boss ultra-hardcore en mode Paul qui devra sacrifier 5 PV pour espéré lui infliger 3 de dégât, et c’est un minimum puisqu’avec les tapis au sol vous pouvez vous mangez son bras et ainsi perdre 10 PV, sachant que vous avez tout les deux 40 PV, autrement dit dans le meilleur des cas il vous faudra cinq Herbes ! Soit la moitié de toutes celles disponibles dans le jeu ! Et à moins d’être une brute et de battre chaque boss sans Herbes et de ne pas trop en avoir besoin face à Cleopatra et autre Comète, tout doit être calculé à l’Herbe près pour finir le jeu ! La progression en force / défense / vie se faisant en ayant vaincu tout les ennemis d’une zone, il est primordial de ne jamais en raté un seul. Le jeu n’est pas non plus incroyablement dur mais ne pouvant parer les coups, il faut tuer chaque boss en bourinant comme un fou en espérant pas crever avant lui. Frustration et patience sont donc de mise.

Durée de vie : 12/20

Le jeu n’étant que de la ligne droite et ne pouvant jamais revenir en arrière, on ne fait que tracer. Et selon votre talent, il faudra compter entre 10 et 15 heures pour en venir à bout, sachant que la seule mission annexe est la quête des rubis de feu et que soit vous les avez trouvés et dans ce cas rajoutez 10-15 minutes, soit vous pleurer / trichez. Mon record personnel sans manuel étant de 36 rubis, espérer avoir les 50 sans n’est que folie.

Bande son : 16/20

Sans particulièrement marquer, les musiques du jeu sont vraiment splendides et on se hissent parmi les meilleurs de l’époque. Par contre, si la plupart des donjons importants ont leur propre musique, toutes les villes sont rythmées par la même mélodie. De même, plus de variantes côté combat / boss auraient été appréciable.

Scénario : 7/20

Un jeune enfant prénommé Paul part à l’aventure avec une princesse et quatre copains, qui seront rejoint par la suite par une autre fille et le cousin de Paul. Et tous ensemble se dirigent vers la tour Pendémon où serait mort le père de Paul pour mettre fin aux agissements d’une comète hantée par un esprit maléfique. Yeah, tous ensemble allons sauver la Terre ! C’est affligeant… Les missions s’enchaînent sans aucunes corrélations et les explications sont ridicules. Rien ne tient la route entre des vampires sortis d’on ne sait où, ou encore une muraille de Chine à priori hors-sujet puisque le jeu se déroule durant l’antiquité ou truc dans le genre. Mais vu la carte et la cinématique de fin, ça devrait même être antérieur à l’humanité. Il faut néanmoins reconnaître au jeu que certains thèmes abordés sont osés tels la mort d’enfant (Jonas puis Paul et Flora), l’handicape (père de Luc) et bien sûr l’esclavage, thème phare du jeu. On aurait pu passer outre l’absence d’originalité et le couac historique si la fin n’était pas si mauvaise et bâclée. Entre le père qui donne des explications pitoyables, une comète de chez n’importe quoi et nos deux héros qui meurent pour se retrouver dans une autre vie sans qu’on sache ce qu’il est advenu des autres, ça gâche…

Note Globale : 15/20

Quand le jeu est à l’arrêt, on constate sa beauté graphique et la grâce de sa musique. Puis on découvre un système de combat bien fichu avec une invention géniale : incarner d’autres guerriers en changeant d’apparence. Le jeu nous résiste comme il faut et les portails vers Gaïa sont suffisamment nombreux pour ne pas trop galérer. L’espoir nous gagne et avec son ambiance bonne enfant, le jeu est des plus plaisant. Mais très vite, c’est le drame : les combos sont lents et difficilement exécutables et courir est tellement laborieux que ça rend certains passages chaotiques. Puis finalement les musiques se répètent et les donjons s’enchaînent sans liens véritables et l’histoire nous dévoile tout son vide. La déception est forte et même si le plaisir de jouer est bien là, on déplore la qualité du jeu effective par rapport à son potentiel. Et avec une fin à proscrire du prosac à la tonne, le jeu ne tient clairement pas la comparaison avec les autres grands jeux de l’époque.

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