Daybreakers

Daybreakers
2010
Michael Spierig, Peter Spierig

Si peu à peu les Twilight ont rehaussé le niveau, au point de s’imposer comme un excellent film pour son final intelligent et bluffant, les premiers films poussifs et ennuyeux m’avaient rappelé au bon souvenir des vrais films de vampires. Voici donc l’un des meilleurs exemples d’approches réalistes.

L’histoire prend place en 2019, soit dix ans après que les vampires aient fait leur apparition publique. Pour la plupart des gens, l’idée de pouvoir vivre éternellement leur paraissaient comme un idéal de vie : la disparition de la peur de mourir. Mais les années ont passé et peu à peu la proportion de vampire a explosée en raison de la demande de transformation et très vite la distribution de sang fut problématique. Si pour le commun des immortels la situation n’est pas très préoccupante, les plus pauvres ne peuvent assouvir leurs besoins en sang et succombent aux effets secondaires : dégénérescence physique et mentale. Les humains étant traqués et vidés par les grands groupes d’approvisionnement (Sam Neill), les réservent diminuent à vue d’œil et dans quelques mois les stocks pourraient même disparaître. Edward Dalton (Ethan Hawke) fait parti des chercheurs dont la mission est de trouver un substitue au sang et résoudre le problème de pandémie, mais après avoir rencontré un certain Elvis (Willem Dafoe), il semblerait que la solution soit tout autre.

Le film se passe dans un univers relativement futuriste, mais où le seul réel changement architectural ou technologique réside dans la protection des vampires. Succombant en cas de contact prolongé au soleil (ou pas !), l’infrastructure leur facilite la vie : métro accessible par chaque maison, immeubles reliés par couloirs aériens, et voitures immunisées contre les UV. Le principe même de vampire est respecté à la lettre puisqu’on retrouvera l’impérative sanguine et les crocs acérés, la faiblesse face au soleil et aux pieux en plein cœur, la peau pâle, les yeux pigmentés bizarrement, l’immortalité, et l’absence de rythme cardiaque ou de respiration. En revanche, le film rend la situation le plus crédible possible en transposant la situation dans un contexte économique réaliste avec le cottage en bourse du sang, son marchandage et sa répartition par classes sociales. L’univers du film est d’autant plus percutant que la réalisation est excellente, jouant beaucoup sur l’intensité de la lumière ou du regard surnaturel de ces êtres au sang froid, et que le scénario regorge d’idées révolutionnaires pour un genre pour le moins figé, bien qu’on regrettera un certain manque de profondeur quand à son exploitation, comme piégé par d’autres impératifs scénaristiques. On retiendra aussi le charisme incroyable de Ethan Hawke, très fort et percutant dans son rôle de sauveur. Le chef d’œuvre n’était pas loin, la faute à une histoire pas assez exploitée et une fin un peu trop gore et pas assez scientifique pour prétendre à la perfection. Reste tout de même une approche originale et novatrice des vampires, propulsés dans un monde futuriste parfaitement maîtrisé, et avec à la tête un excellent acteur au Croc-Blanc.

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