La Petite princesse

La Petite princesse
1995
Alfonso Cuarón

Grand incontournable des films qui ont marqué mon enfance, La Petite princesse puise son histoire dans les mêmes lignes qu’un dessin animé japonais particulièrement populaire : Princesse Sarah, créé en 1985 et qui ne cesse depuis d’être rediffusé. Une inspiration qui nous vient de feu la romancière Frances Hodgson Burnett, à qui l’on doit aussi Le Petit Lord Fauntleroy, lui aussi adapté de l’un de ces romans les plus célèbres. Et c’est donc 90 ans après la sortie du roman que ce petit film a vu le jour, rendant un hommage comme beaucoup en rêveraient.

Sur les terres ensoleillées et colorées de l’Inde, le film nous plongera en plein cœur de ces majestueuses montagnes asiatiques, bien loin des affres de la seconde Guerre Mondiale dont les canons sifflent au loin. Mais malgré l’éloignement et son statut de riche chef d’entreprise, le Capitaine Crew (Liam Cunningham) n’eu de choix que de prendre les armes pour défendre l’empire britannique, sa véritable nation. Il choisit alors de confier sa fille Sara à l’école américaine où avait été sa femme, qui vit désormais au ciel avec les anges et son autre fille. Un établissement de rigueur où Sara découvrira la méchanceté, l’esclavagisme, la ségrégation et la misère. Mais quelques semaines plus tard, son père sera déclaré mort au front, condamnant Sara à une vie de souffrance, de persécution et de pauvreté.

Oh joie ! Oh plaisir intense du bonheur suprême ! Si le film prend place au milieu d’une guerre – que le film aura l’intelligence rare de ne pas juger -, la pauvre Sara, qui a déjà perdu sa mère et sa sœur aînée, se retrouvera lâchée dans cette école pour jeunes filles, très éloignée des paysages chatoyants et enchanteurs de son enfance. Si les petites chamailleries entre filles ne sont pas bien méchantes, il faut bien reconnaître à la préceptrice un talent extraordinaire de sévérité et d’austérité interdisant presque toute forme d’amitié au sein de l’établissement. Mais c’est sans compter sur la gentillesse extrême et spontanée de Sara, allant même au delà des barrières sociales entre les riches et les pestiférés. Mais à peine pu t’elle amorcer un changement dans les esprits que le pire arriva : la mort de son père. Comment ne pas craquer devant une telle frimousse angélique à ce point désemparée ? Globalement le casting s’en sort honorablement, mais l’actrice – qui n’aura malheureusement jamais percé – interprétant Sara est véritablement émouvante. Une puissance émotionnelle d’autant plus renforcée de par la tristesse de l’histoire et la beauté de la musique, d’ailleurs récompensée à Los Angeles et citée à l’Oscar. Une très grande force poétique se dégage du film, alliant admirablement la naïveté enfantine à des notions sombres telles la mort, le rejet, la pauvreté et le désespoir. Et malgré quelques effets spéciaux ridicules et des personnages un peu trop caricaturaux, le film n’a rien perdu de sa superbe et s’impose sans mal comme une œuvre bouleversante et magique.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.