Evan tout-puissant

Evan tout-puissant
2007
Tom Shadyac

Immense succès au boxe-office, et comme tout bon producteur avide qui se respecte, ils se devaient de faire une suite au célèbre Bruce tout-puissant, engraissé de ses 484 M$. Etant donné que les acteurs principaux ont refusé de rempiler, bien que le revirement soit en cours, la production a jeté leur dévolu sur le personnage de Evan Baxter (Steve Carell), le présentateur de télévision arriviste. Et à son tour, il recevra une visite qui bouleversera sa vie.

Evan est désormais ancré dans la politique, quittant son siège de présentateur télé. Récemment élu en tant que député, il a promis à ses électeurs de changer le monde. Malheureusement, son pouvoir l’aveugle et il ne voit pas les magouilles de ses soit-disant amis (John Goodman). Pour lui donner l’occasion de changer le monde, Dieu (Morgan Freeman) lui donnera la chance de prouver sa dévotion en le mettant à l’épreuve : faire un acte remarquable de charité. Comme Noé en son temps, Evan va devoir construire avec sa femme (Lauren Graham) et ses trois fils (dont Johnny Simmons) une arche pour recueillir deux membres de chaque espèce animal dans son immense bateau avant la tempête. Mais comment faire quand tout le monde vous prend pour un fou et que même votre famille vous renie ?

Voilà ce qu’on appel un échec cuisant. Doté d’un budget biblique de 175 M$, et même 250 en comptant les frais de marketing, le film n’a rapporté que 173 M$, en grande raison à cause d’un four monstrueux hors Etats-Unis, déjà pas bien heureux. Et cela s’explique en grande partie par les retours : majoritairement des critiques assassines. Et pourquoi ? La moindre des choses pour la suite d’une comédie qui basait la quasi intégralité de sa sympathie sur son humour, c’est que ce spin-off en tire un minimum parti. Il n’en est rien, sauf vite fait la référence « Marie, 40 ans toujours pucelle ». Catégorisé comme comédie par défaut, ce film n’en est pas une : pas de blagues, pas de gags. Donc bien évidemment, ne déclencher ni rires ni sourires serait rédhibitoire pour certain, mais c’est un tord. Comme la bible, le film véhicule des messages de morale au travers de cette construction, qui symbolise le courage, l’abnégation, la confiance, et bien d’autres notions de valeurs. Un sujet fort pour des acteurs qui ne le sont pas moins, en particulier Morgan Freeman toujours parfait dans son rôle divin, nous enrichissants de tirades savoureuses et intelligentes. Une histoire qui obtient une grande crédibilité grâce à son budget illimité, permettant la reconstitution intégrale de l’arche, la rendait vraie et palpable. Le dressage des animaux force lui aussi le respect, à tel point que s’en est surréaliste tant seule une force divine pourrait provoquer une telle osmose, bien qu’en réalité tous les animaux n’ont pas été filmés en même temps pour des raisons de cohabitation difficile. Toute la dernière partie du film est véritablement bluffante de réalisme et l’image est colossale : on sent que l’argent a été judicieusement utilisé. Alors certes, on ne rit pas, on ne pleure pas, on n’est pas particulièrement ému, mais l’histoire est passionnante, la mise en scène grandiose, et le message est beau sans être trop envahissant. Un film finalement tous publics, et qui vaut carrément le détour pour son approche pertinente et poétique de la bible.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.