Sept vies

Sept vies
2009
Gabriele Muccino

Plutôt habitué aux gros blockbusters orientés comédie, le voici se tournant une nouvelle fois vers le drame, retrouvant au passage le réalisateur de À la recherche du bonheur, une œuvre bouleversante. Le film est donc sombre et pesant, et s’axe autour de la mort, commençant justement par celle de son personnage principal.

Il y a quelques années, Ben Thomas (Will Smith) fut responsable d’un accident de voiture qui a entraîné la mort de sept personnes, dont sa femme. Accablé et rongé par les remords, il a enfin trouvé un but à sa vie : se racheter une conduite. Dans sa quête de rédemption, il devra réparer ses erreurs et sauver sept vies qui méritent de l’être. Un poumon, un morceau de foie, un rein, un don de moelle osseuse et autres biens financiers : tout est bon pour sauver son prochain. Mais il est parfois difficile de rester distant de ses malades quand l’amour s’y mêle. Souffrant d’insuffisance cardiaque, les jours d’Emily (Rosario Dawson) sont comptés, d’autant que son groupe sanguin est très rare. Entre aide physique et morale, tenir ses engagements personnels lui demandera une ténacité sans failles.

Première scène, première erreur. Pourquoi annoncer sa mort ? Quand on connait son destin, le choix de ses rencontres et l’histoire de l’accident, clairement explicité dans un article de journal au début du film, on comprend instantanément ce qui va se passer : il donnera son cœur à Emily, et ses yeux à Erza (Woody Harrelson). En même temps, même si la scène du suicide n’avait pas été là au début du film, la clarté de sa démarche aurait tout de même été totale. Reste donc le récit d’une homme brisé qui a décidé d’arrêter d’airer sur Terre pour rien, et de faire don de tout ce qu’il a à sept personnes choisies en fonction de leur bravoure, de l’amour de leur proches, ou de leur détresse affective. C’est donc très émouvant et fort, surtout quand il tombe amoureux d’une personne qui ne pourra continuer à vivre que si il meurt. Aucun suspense, que de l’émotion. L’immense talent de Will Smith donne toute la puissance et l’impact nécessaire au film, mais il faut bien dire qu’on se traîne un peu par moments, et que ça manque d’originalité en dehors de cette rédemption. Un très beau film, mais pas assez recherché.

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