Avant l’aube

Avant l'aube
2011
Raphaël Jacoulot

Paysages froids et austères des Pyrénées, le poids de la neige qui tombe, la solitude de la montagne : un décor pesant est planté. La période estivale n’ayant pas encore débutée, le film prend place dans un cadre hôtelier vide, dirigé par un homme sombre et renfermé (Jean-Pierre Bacri). Plus encore, un jeune délinquant en pleine réinsertion, Frédéric (Vincent Rottiers), y fait un stage. On le sent, un drame va arriver. Et en effet, rentrant par nuit noire, le fils du directeur va tamponner de plein fouet un passant avec sa voiture. Le corps sera caché, et la voiture en panne d’essence – d’où cette présence fortuite – sera reconduite à la frontière, avec la complicité du père. Mais seulement voilà : Frédéric a tout vu. Si un poste bien payé et une grande attention sont de bon ton, l’arrivée d’une enquêtrice (Sylvie Testud) fera monter la pression et pourrait faire écrouler leur monde…

Film de saison, son début est à l’image de son paysage : figé parla glace. Le cadre hôtelier de montagne est dépaysant et intéressant, mais les personnages sont faibles entre un Bacri dans son éternel rôle du râleur, et un jeune délinquant insupportable entre son manque total de politesse, de savoir-vivre, d’intelligence et d’ambition : c’est un raté doublé d’une ordure, et ça lui convient parfaitement. Une situation qui n’évoluera que trop peu pour qu’il obtienne notre sympathie. Et malgré l’accident et le secret qu’il représente, les enjeux ne semblent pas assez concrets et le fils est de toute façon antipathique, futur marié et père ou pas. Le rythme et le suspense sont là, d’autant que la mise en scène et l’ambiance sont très bonnes, mais le film n’arrive qu’à nous capter vers la toute fin. Emplie de bonnes idées, dont un angle très personnel et efficace, le film ne décollera malheureusement jamais vraiment.

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