Vive la France

Vive la France
2013
Michaël Youn

Un peu plus de deux ans après Fatal, reprenant, Fatal Bazooka, le personnage déjanté de ses clips musicaux, Michaël Youn revient à la réalisation, fort de son « succès » (le film n’a tout de même pas été rentables en salles, n’ayant fait que 1,3 millions d’entrées sur les 1,7 nécessaires pour amortir les 13 M€ engagés). Et donc cette fois, après avoir parodié l’univers du rap, il s’attaque aux terroristes.

Originaire du Taboulistant, véritable pays créateur de la recette du taboulé, Feruz (Michaël Youn) et Muzafar (José Garcia) se sont vus confiés une mission de la plus haute importance : faire sortir leur pays de l’anonymat. Pour se faire, ils sont chargés de se kamikazer sur la Tour Eiffel, en détournant un avion. Mais suite à un problème, l’avion devra se poser en Corse, terre plus dangereuse encore que celle qu’ils viennent de quitter. Regagnant le continent par bateau, les deux apprentis terroristes auront le malheur d’atterrir à Marseille, où une fois de plus l’accueil s’avérera hostile. Mais heureusement pour eux, après que Feruz se soit vu privé d’un rein par erreur médicale, une journaliste (Isabelle Funaro) va leur venir en aide, et leur faire découvrir à quel point la France est un pays formidable.

Face à Postal, la scène d’introduction de tentative de détournement aérien paraît bien faible,  brouillonne et invraisemblable : un vol Istanbul-Paris qui se pose en Corse, hautement improbable. La suite continue tout aussi atrocement : on frise le nanar quand à la présentation du pays du Taboulistant et « l’entrainement ». Non seulement ils parlent une langue inexistante, mais en plus elle sonne carrément approximative, et on se demandera toujours pourquoi les deux compères se parlent entre eux en français une fois en France. Mais de manière générale, le scénario ne tient pas du tout la route, partant d’idées foireuses et continuant sans véritablement de lien. Le film ne s’en donne même pas la peine, et se contente d’aligner des sketchs. L’humour est de mise puisqu’on retrouvera Pierre Diot, Anthony Joubert, tout deux issus de « On n’demande qu’à en rire », et Jérôme Commandeur. D’un point de vu purement pratique, le film est plutôt drôle malgré quelques énormes facilités et clichés saoulant comme les corses terroristes, les marseillais presque autant, et les campagnards, véritables poltrons soûlards. On rira très souvent, généralement parce que c’est con, et malgré un vide scénaristique abyssal, une réalisation cabotine, un montage brouillon et une impression d’amateurisme global, on s’amuse suffisamment pour que le film se justifie. Enfin tout de même, après Fatal la déception est grande.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.