Le Quatrième pouvoir

Le Quatrième pouvoir
2012
Dennis Gansel

Si le cinéma allemand s’exporte très mal, un film exceptionnel avait fait parler de lui il y a quelques années : La Vague, une brillante œuvre subversive qui transcende la vision de la politique et de l’histoire. Alors quand son scénariste et réalisateur s’attaque à la mascarade russe qui vise à légitimer sa politique de massacre tchétchène et comment les services secrets manipulent le peuple, on peut légitimement s’attendre à un nouveau grand film.

L’histoire, contemporaine, commence alors que Paul (Moritz Bleibtreu), journaliste allemand, arrive à Moscou où il s’est trouvé une place dans une presse locale, comme feu son père. Mais un soir, se promenant avec sa nouvelle copine, il sera projeté par le souffle d’une explosion survenue dans le métro. Au réveil, après deux jours inconscient, il se retrouve dans une prison, où on lui explique que sa copine – morte dans l’explosion – était en fait une terroriste tchétchène, et que nombre de photos prouvent sa complicité. Ainsi, d’un coup d’un seul, il se retrouvera prisonnier, condamné pour acte de terrorisme. Et aux vus de la population carcérale et du contexte, sa situation est sans espoirs…

Comme le titre en fait référence, le film est centré sur la presse et son pouvoir. Si la véritable partie d’investigation n’arrive que très tardivement, elle met en lumière la face cachée qui se tramait depuis le début, révélant un complot lattant (évident en théorie, moins en pratique pure) visant à promouvoir une campagne d’anti-terrorisme à l’américaine. Cette fois aussi, la menace est provoquée, mais la mise en scène est un peu plus fine que deux avions qui s’abattent sur des tours, un troisième sur le pentagone dont il ne restait presque rien sauf les passeports intactes de vilains musulmans, et un quatrième bonus qu’on ose à peine évoquer sans attraper de fou-rire. Le clin d’œil y est flagrant. Pour le reste, on aura droit à un passage carcéral poignant, et à une investigation intéressante. Les acteurs étant très bons, le résultat s’affiche solide, mais certes moins fin car plus directe que La Vague, qui offrait aussi un cadre plus reluisant. Mais après tout, l’important c’est que le message soit passé.

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