The American

The American
2010
Anton Corbijn

Le principe même du film ne colle pas : il est sensé être l’adaptation d’un livre intitulé A Very Private Gentleman. Privé, oui. Gentleman, loin s’en faut. Sa phrase, au lit avec une prostituée, y coupe court instantanément : « Tu n’a pas à faire semblant avec moi. Je suis là pour prendre du plaisir, pas pour en donner. Un point c’est tout. ». L’autre problème, c’est que soit le livre fait trois pages, et j’en doute, soit le scénariste est un fumiste, pire s’ils sont plusieurs.

Tout commence par un George Clooney, sortant d’une cabane au fin fond d’une forêt enneigée, accompagné d’une sublime jeune femme. Puis d’un coup, sans que l’on ne sache jamais pourquoi au final, des suédois (ah les salauds, encore eux !) ouvrent le feux sur lui. George, qui se balade toujours avec une arme sur lui – c’est vrai, qui ne le fait pas ? – réplique aussitôt et se débarrasse de ses assaillants, avant de tuer lui-même froidement sa compagne. Là non plus, on ne saura jamais pourquoi. Peut-être était-elle chiante. Il consultera alors ensuite son ancien patron de X (faites votre choix : tueur à gage, fabriquant d’arme, espion, … ???), puis décidera de se retirer dans la campagne italienne, où entre deux passes il devra mettre au point une arme pour une mystérieuse femme.

Rarement une histoire n’aura été aussi vide. Dans ce cadre de farniente, il ne se passe que deux choses : George fabrique une arme, George se tape Clara la femme de joie. Tout un programme… Les quelques éléments extérieurs n’ont aucuns sens, et la mollesse de la réalisation n’a d’égal que celle de George Clooney, tout sauf convaincant (on dirait une auto-parodie), à l’exception des nombreuses fois où il boit son café, geste devenu naturel. Ce qu’il l’est moins en revanche, c’est la fin, puissamment mauvaise : le type se rend compte qu’il s’est prit une balle longtemps après coup, et se met à agoniser immédiatement après. Même le petit « rebondissement » final est d’un prévisible ennuyeux. Non franchement, pas grand chose à tirer de se film désespérément creux et insipide.

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