La Race des seigneurs

La Race des seigneurs
1973
Pierre Granier-Deferre

Le titre annonce la couleur, mais avec Alain Delon en tête d’affiche on pouvait s’en douter, la modestie est bien loin. Cette fameuse « race des seigneurs » n’est autre que celle des grands politiciens capables de trahir ses amis, son parti, sa nation, pour le bien de sa carrière. Autrement dit, ce film aurait dû s’appeler la race des connards.

Reprenant les émeutes de mai 1968, la retraite du général de Gaule et la montée en force de Chirac, le film esquive cependant les éventuels problèmes de justice en changeant les noms des personnages, mais personne n’est dupe. On suivra donc un petit arriviste de première (Alain Delon), parti simple ouvrier, puis syndicaliste, faisant un mariage pour l’argent, et terminant ministre. Évinçant ses amis, bafouant ses valeurs et reniant ses idéaux, il gravira les marches du pouvoirs. Très matérialiste, il profitera de l’hospitalisation de sa femme pour accrocher à son tableau de chasse une très jeune mannequin plantureuse. Mais ces petits plaisirs deviennent vite une terrible addiction que d’aucuns confondraient avec de l’amour, surtout quand la pauvre lui ouvre son cœur, mais pas pour lui : le travail avant tout !

C’est tout simplement navrant. Si les acteurs sont assez lamentables, voguant entre les deux extrêmes avec un naturel époustouflant, l’histoire l’est encore plus. Entre une émeute ridicule menée par des petits cons gauchistes, une politique inexistante, et des syndicalistes à la ramasse et tenant des discours stupides et dangereux, on suivra péniblement une amourette purement sexuelle et vide. Pas une seule scène impliquant la mannequin ne se passe sans qu’elle n’exhibe son corps nue, réduisant son personnage à un simple objet. Son amour pour mister arriviste est inexplicable, ses réactions incompréhensibles. Rajoutez à cela un montage douteux et un rythme affreux, et vous n’aurez alors qu’un infime aperçu de l’ennui qui nous assomme.

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