Sublimes créatures

Sublimes créatures
2013
Richard LaGravenese

Harry Potter et Twilight étant finis, certains producteurs se sont dit que le champ était libre pour une nouvelle saga fantastique orientée ados, mettant en chantier l’adaptation de nombreuses sagas littéraires populaires. Malheureusement, le public a déjà fait d’Hunger Games son remplaçant spirituel, reprenant même l’habituelle place de novembre au calendrier. Difficile de se faire une place face à pareil concurrence. Aux vus du four de cette adaptation de 16 Lunes de Kami Garcia et Margaret Stohl (60.05 M$ dans le monde pour un budget de 60 M$), de même que celui des Âmes vagabondes (48 Vs 40 M$) et le probable de The Mortal Instrument, le genre semble avoir du mal à trouver son public.

Classique mélange de fantastique et de romance, le film nous conte une fois de plus l’attirance surnaturelle entre une personne normale et un être spécial. Hanté par le visage d’une femme dans ses rêves, Ethan (Alden Ehrenreich) cru la voir en la personne de Lena Duchannes (Alice Englert), la nouvelle du lycée. Apparentée à la famille Ravenwood, elle effraye toute l’école (orientée chrétienne) de par l’assimilation de sa famille aux démons, son oncle (Jeremy Irons) ne sortant pour ainsi dire jamais. Fasciné par elle, Ethan tentera de s’en rapprocher, ouvrant son cœur et apprenant son secret : elle est une enchanteresse. Malheureusement, ses 16 ans approchent et la lune la dévora à la lumière ou aux ténèbres, et se rapprocher d’un humain pourrait l’entraîner du côté obscure.

Moins nunuche qu’il n’y parait, le film manque tout de même cruellement d’originalité. Les premiers contacts sont pourtant réjouissants : la ville dépeinte a un certain charme, et les acteurs ne sont pas trop mauvais. On retrouve même Thomas Mann, mais pas de fête déjantée à l’horizon. Le film s’entoure de mystères et ménage son suspense, créant une ambiance assez bonne. Mais d’un autre côté, on nous bassine avec un recyclé d’histoires de sorciers, et on nous sert une romance quasi stupide entre deux débiles profond. On croit entrevoir quelques enjeux avec l’arrivée de la cousine (Emmy Rossum) et la véritable identité de Mme Lincoln (Emma Thompson), mais il n’en sera rien. L’histoire restera cabotine de bout en bout. On se délectera de quelques passages mignons ou de deux trois effets réussi (sauf les éclairs, honteux), mais clairement l’univers s’avérera décevant. Ses résultats en salles empêcheront probablement toutes suites, et c’est tant mieux.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.