Les Profs

Les Profs
2013
Pierre-François Martin-Laval

Initié par Titeuf, Ducobu et Le Petit Nicolas puis confirmée par Boule et Bill, le succès des adaptations de bande dessinées ne désempli pas : plus gros succès de l’année pour un film français pour l’instant, cette adaptation de la BD éponyme de Erroc, Pica et Mauricet a réalisé une performance grandiose avec quasiment quatre millions de spectateurs. Malheureusement, ce genre de film s’avère souvent être un massacre de l’œuvre originale, et la prudence est de mise.

L’an dernier, au lycée Jules Ferry (pas le vrai nom du lycée dans la BD mais soit…), le taux de réussite au bac a été de 12%, une situation catastrophique, au point que si les choses ne s’améliorent pas sensiblement, le lycée fermera. Une idée complètement folle va alors être implantée dans l’esprit du ministre de l’éducation nationale : aux pires élèves les pires profs. Si les meilleurs sont inefficaces, alors qu’on leur donne les plus incompétents : Antoine Polochon (Pierre-François Martin-Laval), aspirant prof d’histoire qui n’a jamais réussi à avoir son Capes, Maurice, prof de philo qui n’arrive pas à se faire comprendre, Eric, prof de sport qui confond gym et entraînement militaire, Cutiro (Christian Clavier), prof de maths (Comment ??? Il est prof d’histoire-géo normalement !) fainéant apprenant la sieste et la farniente à ses élèves, Amina, prof de français qui fait tellement fantasmer ses élèves qu’ils sont incapables de penser à autre chose, Gladys (Isabelle Nanty), prof d’anglais tortionnaire au niveau ridicule, ou encore Albert, prof de physique-chimie dont les expériences tournent à la catastrophe. Une équipe de choc qui semble pourtant plus disposée à les enfoncer davantage dans la médiocrité…

Si globalement la personnalité des enseignants et des élèves est respectée et que l’humour se rapproche de celui de la BD, le casting passe très mal. Eric, Polochon, Boulard le cancre (Kev Adams), Marie la prof d’allemand (Alice David) : quatre acteurs bruns pour quatre personnages normalement blonds. De plus, même si Cutiro et Maurice restent des bons personnages, leurs interprètes sont vraiment loin de leur ressembler. Après, on peut aussi pester sur la non-présence de certains personnages pourtant tout aussi important, mais ce sont des problèmes inévitables avec ce genre de films. Mais au delà de ça, le film ne mérite clairement pas son succès. Certes, certains n’y accordent pas trop d’importance dans ce genre de films, mais la cohérence en prend un sacré coup. Certains cours ne sont pas représentés, soit, mais mettre du français en terminale S, c’est mal connaître les programmes. De plus, quand on commet un vol aussi important que des sujets d’examen au sein d’une salle des coffres, vérifier le contenu semble être le minimum. Et que dire de la fin, qui prouve que les scénaristes ne savent même pas qu’il existe un rattrapage au bac. Et c’est le plus gros problème du film, car s’il y a quelques passages drôles, une bonne ambiance et une sympathie indéniable, le manque de soin apporté au film est flagrant. Ça reste une comédie amusante, mais on est loin du potentiel du model.

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