Camille Redouble

Camille Redouble
2012
Noémie Lvovsky

De base, l’envie de cracher à la gueule du film est quasi irrépressible. Faire des remake ne date pas d’hier, mais il est rare que ce soit un film américain qui soit adapté en France. D’autant que le film en question, Peggy Sue s’est mariée, n’a pas prit une ride, et cette belle fable du géant Francis Ford Coppola, en plus de proposer un casting formidable, possédait bien des avantages que cette nouvelle version n’ose même pas en rêver. Mais le plus grave, c’est que cette appartenance fut honteusement cachée, le film ayant même concouru pour le César du meilleur scénario « original », heureusement refusé, en plus de toutes les autres nominations.

Pas de surprises donc côté scénario, les grandes lignes (entre autre), ont été intégralement reprises : ainsi, Camille (Noémie Lvovsky), mère quadragénaire, va s’évanouir lors d’une fête, et se réveiller des années plus tôt, lors de sa dernière année de lycée. Elle y retrouvera ses amies de l’époque, mais surtout ses parents décédés (Michel Vuillermoz et Yolande Moreau), et aura à faire face à son premier amour qui aura duré 25 ans et donné lieu à sa petite fille. Mais même si il y a eu des bons moments, la brutalité de sa rupture lui donne envie de se refaire une nouvelle vie.

Le principe reste donc le même : une femme retourne dans sa jeunesse, retombe amoureuse de celui qui plus tard lui brisera le cœur, mais rechigne à retourner avec pour ses fautes futures. Bien sûr quelques changements mineurs sont opérés, mais globalement l’histoire reste la même, reprenant carrément certains dialogues et des personnages secondaires comme le confident scientifique (Denis Podalydès), transformé ici en amant. Néanmoins, les deux films n’ont qualitativement rien a voir. Ce remake n’a ni la saveur nostalgique ni la douce poésie de son modèle. En plus de nous infliger un rythme mollasson, l’histoire perd en intérêt par l’appauvrissement de l’écart temporel, assujettit même à des anachronismes musicaux scandaleux. Mais le plus grave du point de vu de la cohérence est le choix du non-maquillage ou changements d’acteurs : des vieux coexistent avec des jeunes dans l’école, donnant lieu à des scènes risibles. Et il faut aussi faire avec un « humour jeune » débile, des dialogues insignifiants, et surtout plombé par un casting médiocre qui met encore plus en avant les problèmes d’ages. Dans cette optique, le scénario a même des airs de mauvaise idée, ennuyeux à outrance. Déjà pas très brillant ces derniers temps, le cinéma français commet ici un imper des plus indigestes.

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