American Nightmare

American Nightmare
2013
James DeMonaco

Gros succès aux États-Unis où la campagne publicitaire largement saluée a permis au film d’effectuer un démarrage énorme (34 M$ en trois jours et 64 M$ au final pour un total mondial de 87 M$), le film part d’un postulat intelligent, imaginatif et prometteur. Dans un monde où le pauvreté ne cesse de gagner du terrain et où les politiciens communistes crachent leur venin sur les nantis, montant le peuple les uns contre les autres, l’urgence est de mise. Aux grands maux les grands remèdes : pour évacuer cette colère latente, endiguer le crime et se débarrasser des pauvres, un événement majeur a été mit en place. Chaque 21 mars, la « purge » est déclarée, période de 12 heures durant laquelle la loi n’est plus, autorisant le meurtre, le viol et la destruction.

Film d’anticipation, cette vision d’un futur proche à la morale douteuse mais au résultat certain a déjà expérimenté quelques « purges », et nous voici en 2022, alors que James Sandin (Ethan Hawke) capitalise comme un bon américain sur la peur des riches, capables de se protéger convenablement contre cette menace avec le système de sécurité adéquat. Une vie florissante et gratifiante où les affres de la violence passent bien loin de chez eux. Mais pour la purge annuelle, les choses vont mal tourner. Entre un petit ami de sa fille qui tenta de le tuer et un fils qui ouvra la porte pour laisser entrer un manant pourchassé, le tableau de la belle famille idéale va voler en éclats. En effet, l’invité est une cible dont un groupe de nantis vengeurs ne souhaite pas se passer, et à moins de récupérer leur gibier, ils vont abattre les murs de la maison et ils ne se contenteront pas d’une seule personne.

Le principe de la purge, non sans rappeler ceux des jeux de Battle RoyaleHunger Games, est une vraie bonne idée répondant avec pertinence à des problèmes existants. Bien sûr, sa mise en place est hautement improbable, mais admettons. Dans cette optique, il est évident que les protections / armements seront proportionnels aux ressources, donc la logique est respectée. En plus, on a le plaisir de retrouver un acteur de qualité à sa tête, augmentant d’autant plus l’intérêt du film. Mais il ne tiendra pas ses promesses, la faute à des comportements d’un niveau de bêtise alarmant. Le film commencera à partir en vrille avec cet espèce de petit con d’échevelé qu’est le fils de la famille, accordant plus d’importance à la vie d’un clochard qui lui est inconnu qu’à la sienne ou à celle de sa famille. Et malheureusement, justice ne sera pas rendue : ce trisomique criminel n’aura pas ce qu’il mérite. Mais au delà de ça, beaucoup d’incohérences sont à déplorer. Comment est-ce possible que des gens participant à la purge restent patiemment pendant des heures à attendre avant de forcer l’entrée d’une maison, alors même qu’elle ne dure que 12 heures par an ? De même, la purge semble se résumer à des meurtres. Il y avait pourtant bien d’autres pistes à exploiter, comme les viols collectifs et autres festivités. Et en plus, la peur n’est vraiment pas communicative, prouvant d’autant plus le manque de travail dont fait preuve le film. Pas franchement mauvais – l’ambiance est pesante et le sujet a de bonnes bases -, le film n’en reste pas moins un brouillon inachevé.

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