Byzantium


Byzantium
2013
Neil Jordan

Maintenant que la saga Twilight est normalement finie (qui se termine largement mieux qu’elle n’a commencé), on aurait pu se croire libéré du phénomène vampirique, d’autant que malgré des progrès considérables au niveau critiques et box office, la saga Underworld semble s’être éteinte. Mais avec Neil Jordan aux commandes, réalisateur d’Entretien avec un vampire, l’espoir de voir le genre se renouveler un chouia est permis, d’autant que le casting est particulièrement prometteur.

Un simple choix peut avoir des répercutions bien au delà de sa propre vie. En 1805, Clara Webb (Gemma Arterton) n’était qu’une petite fille innocente qui a suivit la mauvaise personne. Qu’aurait été sa vie si elle était restée avec le général Darvell (Sam Riley) ? Sans doutes meilleure que celle imposée par le commandant Ruthven (Jonny Lee Miller), qui fit d’elle une prostituée. Une vie de désolation qui donna naissance à Eleanor (Saoirse Ronan), placée dans un couvant jusqu’à ce qu’elle soit en mesure de s’occuper d’elle. Plus de deux siècles plus tard, la mère et la fille se déplacent de ville en ville, tentant d’échapper à une confrérie dont la force des choses les en a fait faire partie : les vampires immortels. De retour là où tout a commencé, elles vont trouver une âme charitable leur offrant refuge dans un ancien hôtel délabré : Byzantium.

Le film ne se laisse pas appréhender facilement : tout le début est assez flou, que ce soit sur la relation entre les deux femmes ou sur leur nature exacte. Le mot « vampire » ne sera évoqué que tardivement et à aucun moment Eleanor n’appellera Clara « maman ». De même, les conditions quant à la transformation font parti de ces événements distillés au compte goutte par le biais de flash-back qui ponctuent l’histoire. Un choix narratif classique qui est très bien amené et dont la cohérence est solide. On ne s’éloignera jamais vraiment des sentiers battus mais l’histoire est bonne et sa mise en scène est à la fois personnelle et soignée, reposant sur une image surréaliste aux couleurs ternies. L’ambiance sombre est parfaitement maîtrisée et le rythme est passif mais pas mou non plus. De même, sans faire preuve d’un talent spécial, les actrices s’en sortent avec honneur. Ainsi, sans nous transcender, le film fait montre d’un grand professionnalisme délectable et son histoire intéresse beaucoup, bien que l’absence de prise de risques sur les mythes vampiriques soit dommageable.

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