Bleeder


Bleeder
1999
Nicolas Winding Refn

Avec son récent Drive, le réalisateur danois Nicolas Winding Refn est sorti de l’ombre, même si sa trilogie Pusher avait taper dans l’œil de quelques personnes auparavant. Ici, il s’agit de l’un de ses tout premiers films, et il faut bien dire que son style graphique aujourd’hui bien abouti a connu des débuts difficiles, et ses problèmes récurrents étaient déjà là. Si on peux se réjouir pour lui de sa nouvelle notoriété, ce n’est clairement pas ce genre de films qui l’ont porté, tant le résultat va s’avérer poussif et ennuyeux.

L’histoire, si on peux qualifier une telle fumisterie « d’histoire », est celle de plusieurs trentenaires à Copenhague. D’un côté on a Lenny (Mads Mikkelsen), un responsable de vidéothèque un peu à la masse qui tente désespérément d’aborder la jolie blonde du resto qu’il fréquente, et de l’autre Leo, un gros un peu bourru qui s’apprête à être père. Un jour, rendant visite à son beau frère qui bosse dans une boîte de nuit, il va assister à un échafaudé entre les vigiles et des racailles refoulées. L’un d’eux ayant ouvert le feu sur le videur, il se fera passer à tabac, et décédera de ses blessures. Depuis ce jour là, une rage d’une rare violence sommeille en lui.

Déjà, le fait que le film ne fut jamais transposé dans une autre langue nuit à l’immersion tant l’articulation est un art absent. Les discussions ressemblent plus à des grognements qu’autre chose, mais de toute façon les propos sont d’une telle inutilité qu’on n’y prête pas attention. Pire encore, entre le débit effréné des dialogues, leur incompréhensibilité (heureusement qu’il y a les sous-titres) et leur contenu, le rire nerveux est de mise. On pourrait presque parler d’hilarité du spectateur quand au bout de 1h20, on se rend compte que le film touche à sa fin alors qu’il ne s’est rien passé, à un suicide près. Le tout s’achevant sur une scène illustrant à la perfection toute la naïveté et l’étrangeté de la romance entre Lenny et la blonde du fast-food, frôlant le nanar tant c’est pathétique. Et même pour les esprits dérangés qui seraient prêt à passer outre la lenteur accablante du film, il n’y a ni scènes particulièrement sanglantes ni scènes trash, la sexualité étant simplement évoquée via la sobriété du rayon porno de la vidéothèque. Le film n’est pas non plus bien fait, sa réalisation étant brouillonne et improbable. Non vraiment, le film n’a que peu d’intérêt, tout juste regardera t-on d’un air amusé les deux grands dadets attardés se chercher. Mieux vaut se refaire de bons films comme Donnie Darko, brillant film dont la critique est intégralement réécrite.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.