Kit Kittredge : An American Girl

Kit Kittredge : An American Girl
2008
Patricia Rozema

Ah les douces joies du journalisme, la passion d’écrire ! Que ce soit pour relater l’aventure épique du boulanger du coin, se levant tous les jours à quatre heure, ou pour partager une vision nette et professionnelle d’expériences cinématographiques, l’envie y est et peut se manifester à tout âge, comme c’est le cas pour Kit Kittredge (Abigail Breslin), jeune fille de dix ans à peine. Son frère travaillant dans le milieu, elle espérait pouvoir être publiée, mais son style encore trop frais et la banalité de ses sujets l’empêchent d’accéder à la publication. mais plus que la reconnaissance et la popularité, elle va comprendre en cette douloureuse période de crise (le film se déroulant après le crash économique de 1929) que le sort de son prochain est plus important que le sien, voyant certains voisins expulsés de chez eux par les banques. Une crise qui frappa aussi sa propre famille (Julia Ormond et Chris O’Donnell), les obligeant à accueillir en leur sein des personnages atypiques, tels une libraire (Joan Cusack) ou un magicien (Stanley Tucci). Une période de troubles qui se cherche des responsables, tout désignés avec ces manants de vagabonds, mais Kit a une autre théorie…

C’est un genre qui se perd, les enfants jouant aux grands, parcourant le monde à la recherche d’un trésor ou d’une enquête palpitante, apportant avec eux toute leur naïveté et leurs espoirs. Il y a eu quelques perles du genre (Les Goonies), mais celui-ci n’en fera malheureusement pas parti, même si on est loin des ratages du style Judy Moody. Si on remarque que l’histoire est particulièrement d’actualité entre la crise – ou François Hollande suivant le nom que l’on lui donne – et le matraquage médiatique sur le racisme – pourtant les municipales ne sont pas avant quatre mois -, elle manque de finesse et de folie. Des voleurs à la petite semelle, des personnages trop loufoques, une enquête téléphonée : rien de surprenant ou transcendant au programme. Quelques noms de connus pour le casting, mais mise à part la jeune héroïne, on ne s’attachera pas beaucoup. De même, on dénote quelques bassesses dans l’humour, nuisant à l’accessibilité. Le côté journalistique, lui aussi particulièrement prévisible, est très sous exploité. Ce qui sauve le film en revanche, c’est la gaieté qui arrive, malgré la crise, à subsister dans le cœur des enfants, et leur univers aurait pu être très bon avec un traitement plus soigné. Reste une espèce de club des cinq divertissant, menant bon train leurs aventures oh combien banales.

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