Malena

Malena
2001
Giuseppe Tornatore

Si l’adolescence c’est déjà pas facile entre un corps en pleine mutation et des besoins primaires grondant, alors en temps de guerre… Prenant place au printemps 1940 en Italie, le film nous narre les balbutiements de Renato Amoroso en tant qu’homme, s’éveillant à la vie du haut de ses quinze ans. Les affres de la seconde Guerre Mondiale n’ayant pas encore touché son pays, il vagabonde gaiement avec son nouveau vélo, rejoignant un groupe de camarades cyclistes à la passion dévorante : Malena (Monica Bellucci). Tous les hommes du village, jeunes ou vieux, seuls ou mariés, tous se décrochent la mâchoire devant ce spectacle sans commune mesure. Son interminable chevelure ondulée, ses yeux aguicheurs, son fessier généreux, ses longues jambes gracieuses, ses voûtes charnelles : tout chez elle est sujet à fantasme. Peu de femmes marquent vraiment dans une vie, mais pour Renato, Malena restera pour toujours la plus belle de toutes.

Pour parler des fantasmes masculins, et plus particulièrement des premiers désirs sexuels, le choix de l’actrice qui interprète Malena est tout particulièrement bien choisi. Possédant à la fois un charme fou et une beauté renversante, elle représente la féminité avec naturel et classe. Mais elle ne se résume pas qu’à un objet de convoitise, elle est aussi une femme brisée aux malheurs incommensurables et dont la pureté et l’intégrité seront bafoués par la jalousie des unes et la frustration des autres. Et au final elle restera un mystère dont on n’aura été que le témoin. Le personnage principal profite lui aussi d’un certain soin, se posant comme un jeune homme troublé par une réalité qu’il rejette. Mais le film va au delà de cette alchimie en proposant un contexte historique fort mais complètement éclipsé par le style et le mode de vie local très écrasant à l’image, donnant presque tout son sens à l’ensemble. Le film est donc une franche réussite sur tous les tableaux entre une idée rondement menée et une patte très personnelle, nous happant totalement dans cette histoire à la fois simple et dramatique.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.