Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages

Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages
1968
Michel Audiard

Ce qu’il y a de bien dans les vieux films, c’est qu’ils n’ont jamais cherché à faire dans le travail intellectuel ou dans le scénario réfléchit : on prenait les grosses têtes d’affiches, on bétonnait avec des dialogues acerbes, des gros durs qui se la racontent, et une petite bimbo au milieu qui joue les séductrices. Pas besoin de se casser le cul, et ça Michel Audiard l’avait bien compris, lui qui ne fit que dans le cinéma populaire, jamais cité aux Césars si ce n’est à trois reprises pour ses histoires, étant il est vrai scénariste avant tout.

Derrière ce titre d’une longueur aberrante se cache un film parodique, presque un nanar fait exprès avec une bonne dose d’autodérision sur la redondance des films de l’époque. Le film gravite autour d’une histoire d’un braquage de banque, dont le joli magot s’élève tout de même à un milliard de francs (soit à peu près 150 M€). Un pactole qui faisait rêver la jeune Rita (Marlène Jobert), prête à tout pour avoir sa part. Trahissant son homme, elle se fera néanmoins avoir par Charles (Bernard Blier), bien trop heureux de contempler pareille montagne d’or. Revendiquant son dû, elle fera appel à sa tante Léontine. Depuis retirée des affaires, elle reste une légende du milieu, et son retour a de quoi en faire frémir plus d’un.

Voilà une histoire vu des centaines de fois, et celle-ci ne fera bien sûr preuve d’aucune originalité puisque le film se veut parodique (j’espère du moins). Ainsi, la crédibilité est régulièrement balayée par des incohérences de taille entre des faux-raccords monstrueux, un magot pesant précisément une tonne et que quatre hommes arrivent à porter à bout de bras et dont la taille varie d’un plan à l’autre, des monologues devant la caméra, ou encore des éléments de bande-dessinée à l’écran. Et inutile de dire que les acteurs font dans la démesure. De la caricature sale et baveuse. Mais est-ce au moins drôle ? Pas tellement, rien n’est vraiment assumé et ça se sent. Un point fait néanmoins plaisir : les dialogues. Piquants, gentiment naïfs et décalés, ils font généralement mouche, rattrapant un peu les meubles. Le choc générationnel ne nuit pas tellement, mais le résultat est largement trop brouillon pour pleinement convaincre.

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