Au bonheur des ogres

Au bonheur des ogres
2013
Nicolas Bary

Ce jour était inévitable, donc voici le moment de rendre des comptes… Vous vous en souvenez peut-être, éblouit par une bande-annonce qui sentait bon la comédie intelligente et qui semblait lorgner sur un je ne sait quoi de fantastique voir SF, j’avais fièrement annoncé un score fleuve pour ce film dans mes pronostiques : pas moins de 1,6 millions d’entrées, allons-y franchement ! Loin d’avoir encensé les critiques comme prévu, le film a carrément bidé avec seulement 159 216 entrées, soit le dixième de son budget. Mais d’où vient la différence ?

Adaptation du premier tome de la saga littéraire sur la famille Malaussène de Daniel Pennac (ce qui laissait donc entendre qu’il devait y avoir plusieurs suites en cas de succès), le film se centre sur l’aîné de la famille, Benjamin Malaussène (Raphaël Personnaz). Il n’y a que lui pour prendre soin de ses cinq frères et sœurs (dont Mélanie Bernier), leur mère ayant abandonné son foyer, et c’est ainsi qu’il a accepté un job pour le moins particulier : il est bouc émissaire. En effet, son travail consiste à en prendre plein la gueule dès qu’un client mécontent se manifeste, permettant ainsi à son employeur (Guillaume de Tonquédec) de rejeter la faute sur lui. Un mal pour un bien, jusqu’au jour où une attaque à la bombe le désigna comme suspect principal. Sa seule chance de salut repose sur Julia (Bérénice Bejo), une journaliste qui enquête sur l’affaire.

Il y a tellement de mauvais films en France, comme partout ailleurs mais sans les fulgurances, qu’on cherche le chef d’œuvre là où il n’y en a pas, comme ici avec un Marius et une Artist qu’on espérait parfaits, servis par une histoire inspirée. Mais au final le film est assez bancal, n’assumant presque rien. Son ambiance surréaliste n’est pas assez décalée et manque surtout de continuité, et l’aspect futuriste revient comme un cheveux sur la soupe de manière disparate, sans jamais réussir à apporter une touche scientifique pour rendre le tout cohérent. L’histoire est elle aussi peu assumée : l’idée du bouc émissaire met du temps à pleinement se dévoiler pour pas grand chose, et l’enquête sur les bombes est allègrement superficielle. Même constat pour la famille, effacée, comme pour la romance, esquissée. La base était particulièrement solide entre de bonnes idées et un excellent casting, évitant ainsi un naufrage total, mais impossible de cacher sa déception face à ce divertissement tout juste honnête alors qu’il y avait tant à faire.

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