The Immigrant

The Immigrant
2013
James Gray

Je crois que je ne comprendrai jamais l’engouement que suscite James Gray tant ses films sont ennuyeux et terriblement décevants en terme de scénario. Un peu moins adulé mais toujours autant surévalué, ce dernier film en date a largement bidé en France et n’a pour l’instant pas dépassé nos frontières, déprogrammé dans la plupart des pays, et il n’y a que peu de chances pour que le film obtienne une exploitation comparable à la France aux Etats-Unis lors de sa sortie en Mai prochain.

Pour son cinquième film, le réalisateur nous compte l’exode des pays de l’Est de l’Europe pour les terres pleines de promesses – mais surtout de désillusions – de New-York suite à la première guerre mondiale, et plus précisément en 1921. Polonaise d’origine, Ewa Cybulski (Marion Cotillard) et sa sœur étaient censées rejoindre un oncle établi sur place, mais le débarquement connu quelques complications. La famille ne s’étant pas manifestée, leur immigration est donc jugée irrecevable et Ewa se retrouve menacée d’expulsion tendis que sa sœur est mise en quarantaine pour cause de tuberculose. Dans son infinie miséricorde, le producteur d’un numéro de danse dans un cabaret, Bruno Weiss (Joaquin Phoenix), va accepter de la prendre sous son aile et de l’aider à payer les soins pour sa sœur. Malheureusement les choses ne se dérouleront pas de la plus douces des manières pour Ewa, et elle se mettra à haïr la Terre entière.

Quand les choses prennent une mauvaise tournure, il n’y a que deux solutions : prendre sur sois ou faire quelque chose pour améliorer la situation. Eh bien non, ici l’héroïne choisie une troisième option : rejeter la faute sur les seules personnes qui tentent de l’aider et se montrer la plus détestable possible. Bon, il est vrai que le cœur à ses raisons que la logique ignore, mais difficile de croire que son bienfaiteur puisse tomber amoureux d’une pareille crevure qui n’aura de cesse que de détruire la vie des autres pour son petit profit personnelle, d’autant que la dame n’est pas non plus un premier prix de beauté. Alors quand un deuxième concurrent (Jeremy Renner) entre dans la danse, la cohérence en prend encore un coup. Et c’est là l’un des principaux problèmes du film, en plus de la mollesse dont il fait preuve, c’est que le personnage principal, la fameuse immigrée, des plus détestables et rien n’abonde dans ce sens dans le rapport aux autres. Et comme son rapport aux autres est le point central de l’histoire, elle en devient particulièrement bancale. Dommage, l’ambiance pouvait donner lieu à une certaine originalité et l’axe n’était pas forcément mauvais, de plus Marion Cotillard se montre très bonne actrice, mais le développement est trop irréaliste et ennuyeux.

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