The Fountain

The Fountain
2006
Darren Aronofsky

Alors que le réalisateur de Black Swan divise les foules avec sa revisite de la célèbre histoire de Noé et de son arche dans la bible, on aurait presque tendance à oublier qu’il ne s’agissait pas là de sa première adaptation biblique (merci au Fossoyeur de Films pour nous rappeler ou faire découvrir des films passés complètement inaperçu ou injustement boudés). En effet, il y a huit ans Darren Aronofsky nous proposait sa vision du mythe de Adam et Ève, et le résultat est pour le moins singulier.

Si la vie est un cadeau, la mort en est sa malédiction. Mais peut-elle être perçue comme une maladie ? Ainsi, peut-on guérir de la mort ? Tom (Hugh Jackman) est un homme brisé, désemparé face à la maladie qui gagne inexorablement du terrain sur sa femme Izzi (Rachel Weisz), condamnée par une tumeur cérébrale inopérable. Chirurgien et chercheur, il se bat chaque jour contre le temps pour trouver une solution pour Izzi, mais peut-être la solution ne se trouve t-elle pas dans le crâne d’un singe, mais dans un roman qu’elle écrit : The Fountain. Dans le jardin d’Eden se trouvait deux arbres : l’arbre de la sagesse bien sûr, et celui de la vie. Qu’est devenu ce second ?

Le film nous propose, par le biais de trois temporalités différentes (le présent avec le problème de la tumeur, le passé avec la quête de l’arbre, et la fin des temps au jardin d’Eden), de suivre trois différents stades de réincarnation d’Adam et Ève. Un amour intemporel, mais constamment brisé par la mort. Un cycle qui semble sans fin, dont le chaos de la vie se répète entre Big-Bang et Big-Crunch. Une histoire très forte symboliquement, beaucoup moins scénaristiquement : comparé à un Cloud Atlas, voguer sur seulement trois époques, même si bien plus entremêlées, paraît petit joueur. De même, il manque à cette romance quelques temps plus joyeux pour pleinement convaincre. L’accumulation de douleur est brillante, mais sans césure elle perd en force. L’œuvre se veut de toute évidence beaucoup plus visuelle, renforçant le côté symbolique et métaphorique, et c’est une franche réussite. Appuyée par une réalisation quasi spirituelle, l’image est pleinement onirique, transcendée par l’espace et son atmosphère, donnant une portée considérable à la couleur jaune. Et pour sublimer cette ambiance incroyable, une magnifique musique épique ponctue les moments forts. Si bien sûr le fond du film est assez léger et sa romance pas suffisamment intelligemment creusée, l’image nous subjugue et le talent des acteurs fait le reste. Un film unique qui vaut le détour, ne serait-ce que pour son approche complètement hallucinée.

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