Pompéi

Pompéi
2014
Paul W.S. Anderson

Sans doutes l’une des plus belles découvertes du XVII° siècle, la ville oubliée de Pompéi fut redécouverte suite à des fouilles de grande envergures, qui laissèrent la place des décennies plus tard à une immense ville en parfait état, figée dans le temps par les cendres projetées par le Vésuve en l’an 79 après Jésus Christ, transformant même certains de ces habitants en statue. Une terrible catastrophe estimée à 100 000 fois plus importante qu’une bombe nucléaire (bien que étalée sur une durée de 12 heures, et non instantanée), et c’est donc tout naturellement que les américains se sont approprié l’histoire pour en faire un film catastrophe, avec bien sûr leur finesse habituelle…

Parce qu’un film entier sur le cataclysme, c’est pas très viable et qu’il faut meubler un peu, le film nous propose de découvrir l’histoire de Milo (Kit Harington), celte dont la famille fut massacrée, suite à quoi il devint esclave. Depuis, il s’est fait un nom dans le milieu des arènes, étant devenu un gladiateur accompli et invaincu. Il fut donc recruté pour un spectacle d’ampleur à Pompéi où un seigneur (Kiefer Sutherland) est attendu, faisant sa cour à la fille (Emily Browning) des régents de Pompéi (Jared Harris et Carrie-Anne Moss). Mais c’est alors que d’importants séismes se firent sentir…

Alors oui, il y a eu des secousses terribles entraînant même un tsunami, des coulées de lave dévastatrices, des projections de pierres meurtrières, et surtout un nuage toxique de cendres, pour ainsi dire unique raison de la disparition de Pompéi. Mais voilà, les américains et l’histoire, ça n’a jamais été ça. Le film semble additionner tous les malheurs de Herculanum, Oplontis, Stabies et Pompéi, qui n’est d’ailleurs – malgré la précision remarquable de la reconstitution de la ville à l’exception de l’arène démesurée – pas du tout en bord de mer, contrairement aux trois autres susnommés. Donc c’est raté : nul séisme et nul jet de pierre n’aura ravagé la ville, presque tous les dégâts étant dû au nuage de cendres. Bien essayé… Pour ce qui est du film en lui-même, le bilan est lui aussi très mauvais. On passe notre temps à attendre le déluge, bassiné par un péplum ringard qui ne décollera que tardivement avec l’entrée dans l’arène, véritable et unique grand moment du film. En effet, dans tout ce qui précède l’ennui est omniprésent entre des acteurs de télévision peu convaincant et des situations stupides, comme la tentative d’évasion non-assumée. Puis vient la destruction massive, incohérente à tous points de vue et pas si impressionnante, sans doute à cause de la réalisation trop lisse. Voir le héros courir avec le sol qui se fissure comme par hasard pile entre ses jambes et à la même vitesse que lui, ça n’est plus possible. Surtout avec des personnages inconscients qui n’essayent même pas de fuir, il y a vraiment de quoi se taper la tête contre le mur. Il y avait bien quelques pistes et intérêts passagers, mais la sauce ne prend jamais complètement et le spectacle n’est pas à la hauteur.

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1 réponse à Pompéi

  1. Max dit :

    Un film catastrophe catastrophique 🙂

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