Brick Mansions

Brick Mansions
2014
Camille Delamarre

Malgré le fait qu’aucun des deux Banlieue 13 n’ait été rentable et que les critiques étaient plutôt mauvaises (bien que l’invention de la discipline acrobatique du « Parkour » fut saluée), voilà qu’un remake américain a vu le jour. Dernier film achevé par Paul Walker, il n’a malheureusement pas fait salle comble, et il aurait été un quasi bide sans le succès colossal qu’il a connu en Chine (presque 30 M$, pour un cumul de 72 M$).

Après Robocop, Détroit se retrouve à nouveau pointé du doigt côté violence, tablant même sur une séparation militaire entre la banlieue difficile, appelée « Brick Mansions », et le reste de la ville d’ici à 2018. Lui même habitant de cette zone sinistrée, Lino (David Belle) essaye de lutter à son échelle contre Tremaine (RZA), figure locale de la drogue, mais la situation semble irrémédiablement s’empirer. Flic spécialisé dans l’infiltration, Damien (Paul Walker) va devoir coopérer avec Lino pour s’introduire dans les locaux de Tremaine, ce dernier ayant dérobé une bombe très dangereuse qui s’est malencontreusement activée, et Damien doit la désamorcer.

Le film commence extrêmement bien : un générique original qui fait preuve d’un grand travail de réalisation, suivit d’emblée par une grosse séquence d’acrobaties sur les toits des immeubles. Un résultat dynamique et très classe, magnifiquement chorégraphié et doté d’une bande-son qui pulse. Tout s’enchaîne très vite et les idées de mise-en-scène se multiplient pour une dose d’action optimale. En revanche, dès qu’on entre dans le cœur de l’intrigue, le masque tombe : c’est affligeant. Vu, revu et re-revu. Une avalanche de clichés pour une banale affaire de police qui veut interférer, et bien qu’un élément vienne secouer un peu ce prémisse, le bilan est lourd. Et cette indigestion scénaristique frappe ensuite le principe même de la purge d’action ininterrompue, nous amenant à une overdose méritée tant le flux n’est pas maîtrisé. Mais donc l’intérêt revient sur la fin, retrouvant une part d’ingéniosité dans les pirouettes, mais dévoilant surtout l’unique ambition scénaristique du film. Du divertissement efficace majoritairement, mais le fond est carrément mauvais.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.