Libre et assoupi

Libre et assoupi
2014
Benjamin Guedj

Campagne publicitaire inexistante, titre et affiche peu engageantes, œuvre littéraire ayant servi de base inconnue (Libre, seul et assoupi de Romain Monnery), acteur principal pas vraiment habitué au cinéma, et surtout histoire qui laissait supposer un résultat plutôt chiant, le film nous proposant de suivre un homme qui a décidé de ne rien de faire de sa vie. Et pourtant, le film s’inscrit comme l’une des meilleures comédies de l’année.

Il a 29 ans, possède trois masters, deux doctorats, mais n’a jamais travaillé de sa vie. Sébastien (Baptiste Lecaplain) a en effet une vision singulière des choses : la meilleure occupation du monde est selon lui de ne rien faire. Glander, s’ennuyer, attendre, dormir. C’est bien là ses seuls plaisirs dans la vie, mais poussé par ses parents, il n’eu de choix que de déménager pour s’installer avec Anna (Charlotte Le Bon), une vieille amie de fac, et Bruno (Félix Moati), déjà colocataire. Pour assumer sa part du loyer, il aurait dû se ranger lui aussi dans la vie professionnelle, mais grâce à un généreux responsable des versements du RSA (Denis Podalydès), sa vie de flemmard va pouvoir continuer pénard.

La présentation d’introduction ne laisse aucune place au doute : le film est très drôle. Imaginatif, percutant, intelligent et incroyablement bien écrit, un exploit vu les précédents étrons pondus par le réalisateur qui signe habituellement les scénarios et dialogues de ses films. Des explications claires, d’une logique implacable et qui fait réfléchir : voilà ce que représente l’art de vivre de Sébastien, incarné par un Baptiste Lecaplain surprenant qui arrive à rendre extrêmement sympathique et cohérent son personnage. Les autres acteurs, sans arriver totalement à son niveau, ne détonnent pas, et l’ambiance est vraiment très réussie. Tout s’enchaîne à la perfection, alors même que le film est une succession de séquences parfois très drôles, parfois lourdes (dans le sens important) voir dramatique, notamment par le biais d’une scène avec Anna où elle se livre. Une fois n’est pas coutume, on a vraiment là un sujet novateur, pleinement dans l’air du temps (pas forcément une bonne chose pour la postérité, mais bon… ) et surtout extrêmement efficace. Belle surprise qui prouve définitivement que la France est devenue le meilleur pays au monde en terme de comédie, il est vrai que leur principal concurrent s’étant noyé dans leurs déjections.

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