The Spectacular Now

The Spectacular Now
2014
James Ponsoldt

Un peu comme Afternoon Delight l’année dernière, ce petit film indépendant financé pour tout juste 2,5 M$ fut présent dans de nombreux festivals, et même s’il n’y a pas connu une pluie de prix, le bouche à oreille lui permit un succès honorable et certains grands noms l’ont cité parmi les meilleurs films de l’année. Et de toutes façons, tout ce qui passe par Sundance mérite qu’on s’y intéresse, surtout celui-ci.

The Spectacular Now, ou en français (même si le film n’a pas été l’objet d’un doublage) « le spectaculaire instant présent », correspond à la philosophie de vie de Sutter (Miles Teller), jeune finissant (expression québécoise pour signifier un lycéen en dernière année) de 17 ans (dix de plus en fait, comme d’habitude) qui se complet dans le bonheur de l’instant présent, et c’est la seule chose qui compte à ses yeux. Il s’éclate, fait la fête et brûle d’amour pour sa petite Cassidy (Brie Larson). Seulement un jour, elle va profiter d’une de ses conneries pour le quitter, n’en pouvant plus de son absence totale de responsabilités. En plein désarrois, il va comme à son habitude se bourrer la gueule, se réveillant ensuite au beau milieu du jardin d’une inconnue : une fille de son bahut, Aimee (Shailene Woodley). Une marginale timide avec qui il n’a aucune affinité et pourtant, elle va lui ouvrir les yeux sur le vrai sens de la vie.

Bon, passons sur les problèmes classiques du genre, à savoir un casting beaucoup trop vieux et de la romance téléphonée qu’on sait exactement comment ça va se finir, et concentrons nous sur ce qui fait l’originalité du film. Déjà le casting, certes pas en adéquation temporelle, mais audacieux, choisissant des stars montantes dont la carrière a énormément décollée récemment, surtout Aimee qui suite à ça a enchaîné deux succès majeurs. On retrouve aussi Bob Odenkirk et Mary Elizabeth Winstead, mais celui qui crève véritablement l’écran c’est Miles Teller, parfait dans son rôle du nonchalant alcoolique que rien ne semble atteindre. Il pèse beaucoup dans l’ambiance singulière du film, à la fois simple, belle et morose, mais emplie d’un immense espoir. La réalisation y joue pas mal aussi, nous inondant de couleurs vives, tout en accentuant le noir, créant une belle ironie faisant écho à l’histoire. Un soin tout particulier donc, pour un film qui arrive à concilier légèreté et enjeux dramatiques, nous touchant tout autant qu’il nous fait rire.

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