Fury

Fury
2014
David Ayer

Relativement passé inaperçu en France avec un peu moins de huit-cent mille entrées, le film a néanmoins gagné une certaine réputation à travers le monde, terminant sa course avec 212 M$ glanés grâce à un excellent bouche à oreille (77% et 7,7 sur Rotten Tomatos et IMDb). Pour un énième film de guerre sur la seconde Guerre Mondial, c’est un exploit qui titille la curiosité, mais après le catastrophique Monuments Men, la prudence est de mise. Mais pour une fois, le film n’est pas dégoulinant de patriotisme.

L’action se déroule en avril 1945 alors que la guerre touche à sa fin, que les nazis sont en déroute mais que les forces alliés sont elles aussi au plus mal entre des effectifs réduits et une infériorité technologique et stratégique face aux génies allemands. En plein sur la ligne de front en deutch territoire, Don (Brad Pitt) et son équipe (Shia LaBeouf, Michael Peña) à la tête du tank « Fury » luttent contre les forces SS. Ils sont là pour massacrer du nazi sans autre pensée, et avoir un petit nouveau dans l’équipe (Logan Lerman) rongé par les scrupules pourrait leur coûter cher…

Prétendre détenir la vérité universel ne serait que folie, mais au moins on a là l’un des films les plus honnêtes sur cette guerre. Pour une fois on reconnaît la supériorité de l’armée allemande, pour une fois on reconnaît que les soldats américains étaient encore moins humains que les soldats nazis, que la plupart d’entre eux étaient des dégénérés psychopathes, qu’ils violaient les femmes à tour de bras, massacraient femmes et enfants sans distinction, et n’hésitaient pas une seconde à cribler de balle le corps d’un prisonnier s’il était suspecté de nazisme, nourrissant contre eux une haine sans borne. Une violence inouï un peu relativisée à l’occasion, car certains possèdent tout de même une once de civilité, mais la vraie clémence est à chercher du côté allemand avec une scène qui tient de la pure leçon de vie. On reste malgré tout du côté américain, il faut pas déconner, mais un peu de remise en cause des deux côtés ça fait plaisir. Après que vaut le film pour le reste ? Certes on dénote un grave problème de rythme avec une première moitié qui aurait mérité de larges coupes (sur les 2h15 on aurait facilement pu en enlever plus de demi-heure), mais globalement le film s’en sort pas mal du tout. Les personnages ne sont que trop rarement attachants mais ils arrivent à nous faire nous sentir concerné à l’occasion, mais c’est surtout lors des combats que le film marque des points. En mode go-pro sur mon tank chéri, le film nous sert quelques séquences de guerre épiques, avec un troisième acte exclusivement dédié à l’art de la boucherie. Un peu maigre pour prétendre avoir complètement prit son pied, mais l’expérience proposée est concluante.

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