Final Fantasy XIII-2

Final Fantasy XIII-2
2014 (2012 sur consoles)
PC

Vous avez pas honte de perdre votre temps à bosser sur la suite d’un jeu aussi mal aimé que FFXIII alors que tous les regards sont braqués sur Versus XIII (devenu FFXV) ? Donc forcément, étant la suite d’un des plus mauvais épisode numéroté et ayant des allures de bouche-trou, les à priori étaient très nombreux autour de ce jeu, malgré les promesses de Square-Enix qui aurait « entendu les critiques des fans », et les attentes étaient donc pour ainsi dire inexistantes. Juste pas faire encore pire si c’est possible. Et paf, coup de théâtre, l’éditeur nous donne exactement ce qu’on voulait depuis le début, et le résultat est loin d’être dégueulasse.

Graphismes : 15/20

Alors oui, forcément, avec un temps de développement inférieur de moitié par rapport à l’original, on ne pouvait pas espérer une nouvelle prouesse de ce côté là, mais tout de même, avec le recyclage du moteur graphique, on était en droit d’escompter des graphismes similaires. Mais non, les décors et les personnages sont beaucoup moins travaillés, il y a de ci de là quelques bugs, des ralentissements violents même à Academia (map trop grande), moins de cinématiques et un sens de la mise en scène amoindri, avec carrément une intro bien crade qui dépeint salement. Enfin bon, le moteur reste excellent et l’inspiration artistique est toujours aussi bonne, bien qu’un peu moins grandiloquente. Les lieux sont nombreux et variés malgré les relectures, et si l’éblouissement est hors de propos, le voyage est agréable pour la rétine.

Jouabilité : 14/20

Mauvaise nouvelle : le système de jeu d’assistés passifs est de retour. Néanmoins, de sacrés progrès ont été apportés. On retrouve les mêmes six jobs permutables (attaquant, ravageur, défenseur, saboteur, tacticien et soigneur), les mêmes attaques et tout le système in-game identique, mais les combats sont un peu plus dynamiques et la préparation en aval a radicalement changé. Déjà il n’y a plus de stade évolutif, chaque job est juste limité à 99 niveaux, mais on peut choisir de monter directement sans restriction celui de son choix, permettant d’arriver à la moitié du jeu avec trois jobs au max sur les deux héros, octroyant une bien meilleure liberté et une stratégie mieux établie dans un premier temps (car dans l’absolu avoir tous les jobs au max ne prend pas plus de 50 heures). Mais là où le jeu « innove » beaucoup plus, c’est dans le choix du troisième accompagnateur : un monstre. En effet, chaque monstre abattu est susceptible de rejoindre vos rang (avec une limite d’un exemplaire par espèce et trois monstres par combat entre lesquels on jongle, ne pouvant en utiliser qu’un à la fois). Ils ne possèdent qu’un seul job, donc le choix est doublement stratégique, et leur évolution se fait par catalyseurs, ramassés après les combats (potentiellement achetés, mais la vendeuse ne propose les trois derniers stades de catalyseurs que juste avant le boss de fin, voir après pour le tout dernier stade). Il faut donc bien choisir ses compagnons, d’autant que certains mettent plus de temps à révéler leur potentiel, et les catalyseurs étant rare, se tromper de monstre peut avoir de graves conséquences. De plus, on peut les fusionner entre eux pour renforcer le premier avec les aptitudes transférables du second. Dommage en revanche que l’opération ne puisse aboutir à un hybride. Donc pour ce qui est des combats, l’évolution est intéressante.
En dehors, le gain est aussi notable. Si de base l’idée de voyager dans le temps en parcourant une dizaine de lieux dans diverses temporalités est génial, son application marche pas mal avec un système de portail et un Cœur du Temps bien géré, séparant les voyages principaux des annexes par un système d’artefacts, primitif s’il n’est pas indispensable à l’histoire, ce qui n’empêche pas ces lieux de réserver quelques surprises de qualité. Plus encore, un mog nous accompagne durant l’aventure, créature aux pouvoirs magiques fourbes qui mettent en lumière les innombrables trésors et secrets cachés, certains même totalement indécelable et faisant appel à la chance et à la paranoïa qui nous gagne quand on balance le mog au hasard et qu’il nous rapporte l’un des 160 fragments du jeu. Autre avantage non négligeable de cette suite : sa grande liberté offerte dans l’exploration. En revanche pas la peine de s’attarder sur le système de choix de discutions et des combats cinématiques, veines tentatives de pompages de principes populaires.

Durée de vie : 16/20

Avec des fragments disséminés de partout, des dizaines de monstres et des missions annexes de partout, on aurait tendance à croire que le jeu est interminable, mais loin s’en faut. On est en deçà du niveau de contenu de son prédécesseur, même en comptant l’ajout des DLC de cette version PC qui compte le Colisée, le passage au casino et le combat de Lightning. Les aficionados du 100% obtiendront satisfaction en une soixantaine d’heures. Les autres, essayant tout de même d’explorer tous les lieux sans chercher forcément à avoir les meilleurs familiers ou obtenir les 160 fragments auront leur compte en à peu près 40-45 heures, bon compromit pour éviter de tomber dans le piège de la surenchère de puissance et de difficulté ahurissante du Colisée par exemple. Surtout que franchement, la scène secrète débloquée après avoir passé des heures à jongler avec la soluce pour trouver les derniers fragments n’en vaut vraiment pas la peine, n’apportant strictement rien à l’histoire, contrairement au DLC sur Lightning (très chiant au passage par son principe de résurrection améliorée qui oblige à passer une heure à crever en boucle pour enfin devenir assez fort).

Bande son : 16/20

On a toujours affaire aux meilleurs du genre, qui livrent une fois de plus un travail remarquable, d’autant qu’on ose de plus en plus les vraies chansons avec des paroles, mais rien d’inoubliable, d’éternel et de transcendant comme dans les anciens jeux. Bravo pour le style, mais ça ne va pas plus loin, d’autant que le doublage est invariablement caricatural avec les mêmes dialogues cul-cul. Au moins pas de trahison avec des changements de doubleur : l’équipe revient au complet, un soulagement pas si évident.

Scénario : 14/20

L’univers du jeu n’est pas bon, donc on ne pouvait pas espérer de miracle. L’introduction nous affole d’emblée en nous disant que non seulement Lightning n’est plus l’héroïne, mais qu’on doit en plus se coltiner un type sorti de nulle part avec un nom à la con, Noel, faisant équipe avec la pauvre chose toute fragile qu’est Serah, la sœur de Lightning. Et paf, gros méchant ultra stéréotypé, une quête qui ne repose sur rien (« oh Serah, vient voir ta sœur stp » « ok, elle est où ? » « par delà l’espace et le temps » – nom de Dieu…) et c’est parti en mode bases moisies, ramenant au passage l’escouade Nora, bande de trublions insupportables. Et pourtant…
On ne se doute de rien, mais tout s’installe au fur et à mesure. On ne sait pas grand chose de ces futurs qu’on découvre, certains passages tiennent plus de l’anecdote, mais le fil conducteur se met en place, se laisse deviner, rendant de plus en plus intéressant les personnages qui avaient finalement plus d’une raison pour partir à l’aventure. L’exemple le plus flagrant de la puissance latente de l’histoire est Yeul, qui en viendrait presque à nous tirer les larmes lors du grand moment de Noel, finalement bouleversant et possédant une vraie stature de héros de légende. La fin est grandiose et promet énormément pour la suite, qui devrait sortir en mai sur PC, qui je l’espère ne décevra pas tant l’attente est remontée net (mais entre une exploration d’une liberté inédite, des action contextuelles avec les décors, une orientation action-RPG et des phases d’infiltration, la conclusion s’annonce exceptionnelle).

Note Globale : 15/20

Final Fantasy XIII n’était pas un mauvais jeu, et c’est même l’un des plus ambitieux qu’il m’ait été donné de voir. Mais seulement voilà, entre sa trop grande linéarité dans ses premières heures de jeu, le côté assisté et passif de son système de combat et la faiblesse de son histoire pas aussi grandiose que la mise en scène ne le laissait escompter, la déception fut immense, quasi insurmontable. Alors oui, plus personne n’attendait rien de cet univers. Et voilà que Square-Enix réussi le tour de force de ne pas renier son passé en améliorant ce qui était déjà présent dans le premier, tout en apportant son lot d’amélioration indispensables et offrant une histoire magnifique, émouvante (Yeul on t’aime !), et jouissive à découvrir par le biais de voyages temporels, pas super innovants mais sympathiques. Comme piqué dans son orgueil par le désamour de leur jeu, le studio s’est retroussé les manches pour nous prouver leur savoir-faire et que l’avis des joueurs est primordial. Pas non plus un chef d’œuvre du genre, le jeu marque une évolution intéressante et on en demandait pas plus. Je ne pensais clairement pas dire ça, mais vivement que le dernier volet de la trilogie débarque sur PC !

Ce contenu a été publié dans Critiques, Jeux vidéo. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.