Pieds nus dans le parc

Pieds nus dans le parc
1967
Gene Saks

On a un peu tous grandi avec Ma Sorcière bien aimée, superbe série fantastico-comique des années 60-70 sur une magnifique sorcière qui par amour va accepter de vivre comme une simple mortelle, aussi stupide que soit cette idée de départ. Si le film original, L’Adorable voisine, n’était pourtant pas si gageure, la série connaît encore un certain engouement, malgré quelques lourdeurs comiques et les effets spéciaux honteux de l’époque, bien que la nostalgie y soit pour beaucoup. Point de magie ici, mais l’impression de se replonger au cœur de la série y est très forte.

Jeunes mariés passionnés, Paul (Robert Redford) et Corie (Jane Fonda) reviennent tout juste de leur lune de miel, découvrant leur nouveau chez eux. Un modeste appartement au neuvième étage d’un vieil immeuble sans ascenseur, habité par de lugubres personnages, en état d’insalubrité diraient certains, avec un chauffage inexistant et carrément un trou dans la verrière. De quoi en décourager plus d’un, mais rien ne saurait entamer la joie de Corie, bien trop heureuse de s’extasier de cette nouvelle vie qui s’offre à elle. De plus, elle manigance de faire acoquiner sa solitaire de mère avec leur excentrique voisin du grenier, une folie pour son mari qui le trouve infréquentable.

À première vue le film n’a pas grand chose à raconter, et effectivement, mise à part deux romances, le film est pour ainsi dire dénué de scénario. Il n’exploite d’ailleurs presque aucune des pistes annexes qu’il ouvre. On pensera notamment au travail d’avocat du mari, qui pourrait faire à peu près n’importe quoi d’autre (genre publicitaire), ou aux énigmatiques voisins, potentialité non utilisée. Mais le film a tout de même énormément à offrir, surtout dans le registre comique. Le fait que l’appartement soit situé au neuvième étage est une source de running-gag sur l’ascension que cela représente, avec un nombre d’étage qui selon la fatigue de l’interlocuteur ne cessera de croître. Un humour efficace en chaque instant, que ce soit par la répartie excellente des protagonistes, les running-gag plutôt fins, ou la cocasserie des situations. Les acteurs, surtout le couple principal, s’en sortent à merveille, surtout la ravissante, que dis-je l’époustouflante Jane Fonda, véritablement à se damner dans ce film. Mieux encore, son personnage est terriblement craquant, un peu folle et capricieuse, mais tellement exaltée qu’elle met du baume au cœur. Un film joyeux, inspirant donc, qui contrebalance ses faiblesses scénaristiques par des dialogues sanglants et un comique incisif, offrant un très beau divertissement qui rappelle les plus belles heures de l’histoire.

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