Big Eyes

Big Eyes
2015
Tim Burton

Après avoir atteint la cime du box office avec Alice au Pays des Merveilles, le choc fut brutal pour Tim Burton, qui malgré de bonnes critiques, connu bien des difficultés financières avec Dark Shadows, l’amenant à opérer quelques changements radicaux. Ainsi, après un film d’animation, il nous revient avec un biopic à micro budget complètement lâché par les distributeurs, sombrant dans l’indifférence la plus total avec moins de 30 M$ dans le monde au final. Du coup, le réalisateur a à nouveau vendu son âme à Disney, signant pour une adaptation live de Dumbo, et succombé à l’appel des fans pour un second Beetlejuice. Pourtant, si sa patte est discrète, le résultat est là.

Tiré d’une histoire vraie, le film retrace le parcours de Margaret (Amy Adams), mère célibataire tentant de vivre de son art, qui croisa le chemin de Walter (Christoph Waltz) en 1958. Lui aussi artiste, ayant beaucoup peint Paris du temps où il y étudiait l’art, il est en revanche bien plus à l’aise que Margaret, qui deviendra sa nouvelle compagne, quant à la vente et la promotion de ses œuvres. Ainsi, pour donner plus de chance à ses enfants aux grands yeux, thème de ses toiles, il va faire croire à qui veut bien l’entendre que le fruit de son dur labeur est de son dû. Une mascarade arriviste qu’elle va bien vite regretter.

C’est une évidence, dans le milieu de l’art la force de l’œuvre ne pèse strictement rien face à la façon de la vendre. Et il est probable que l’artiste en question n’aurait jamais été connue sans son mari qui l’a défendu vigoureusement. Seulement voilà, se faire déposséder de ses créations et voir le mérite attribué à quelqu’un d’autre, surtout dans des propensions aussi énorme, ça fait mal, et peu à peu la rancœur s’installe, puis la haine de l’autre. Une fois le succès avéré la supercherie aurait pu prendre fin, mais l’usurpateur y avait trop prit goût pour lâcher l’affaire, et le mensonge les a rongé des années, jusqu’au point de rupture, sans quoi jamais cette histoire n’aurait été révélée. C’est un peu comme pour Arrête-moi si tu peux : il n’y aurait eu pas de film si la preuve n’avait pas été faite. Le film réussi parfaitement à traduire le désarrois et la folie des personnages, surtout Walter, et l’histoire est bien plus palpitante qu’on aurait pu le croire, notamment avec la révélation Sényque. Le procès final est lui aussi très intéressant, et la touche d’humour apportée au récit donne un ton frais et décalé. Le développement est bon, l’ambiance immersive, et on en ressort conquis.

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