San Andreas

San Andreas
2015
Brad Peyton

Alors qu’une rentabilité outrancière est souvent à la clef, les films catastrophes sont assez rares si on excepte les productions indépendantes, le plus souvent atroces, qui n’ont qu’exceptionnellement les moyens de leurs ambitions. Il n’y a qu’à voir, depuis le retentissant 2012, seul Black Storm a tenté de s’y imposer, mais il ne jouait clairement pas dans le même cour. Retour en force d’un genre délaissé donc, qui devrait faire son petit bonhomme de chemin entre 350 et 500 M$ dans le monde, surtout si la Chine répond en masse, ce qu’elle fera à n’en pas douter vu cette année record.

C’est un fait : à San Andreas une faille colossale menace le pays entier. En effet, la ville est située en pleine intersection de deux plaques tectoniques des plus actives, et elle pourrait bel et bien disparaître du jour au lendemain sans crier gare, emportant avec elle une bonne partie de la région. Dans le film, le scientifique Lawrence (Paul Giamatti) a tenté de prévenir la menace, mais trop tard : le mécanisme était déjà lancé. Boy-scout et sauveur de l’Amérique, que dis-je du monde, de l’univers et des dix dimensions, l’invincible Dwayne Johnson devra alors lutter pour sa survie, mais aussi sauver sa femme (Carla Gugino) et sa fille (Alexandra Daddario), abandonnée par son lâche de beau père (Ioan Gruffudd).

Un scientifique qui veut prévenir le monde d’une catastrophe imminente, un acteur bancable qui joue un père allant porter secours à son enfant, incarné par une valeur montante, le tout sur fond de cataclysme. Eh oui, on a là un copié-collé à peine dissimulé du Jour d’après, nous foutant une catastrophe naturelle qui prend des propensions dantesques avec le même traitement scénaristique derrière, y compris pour la romance de l’enfant, qui n’a d’ailleurs que 13 ans de moins que les parents (et pourtant à l’image ça passe). Certes, il y a quelques changements pour les rôles, et le froid est remplacé par des séismes, mais les deux films restent très similaires. Une formule qui a déjà porté ses fruits et prouvé son efficacité, donc ça n’est pas une mauvaise chose après tout, surtout que celui-ci va un peu plus loin, notamment en terme d’imagerie. Les grosses séquences sont plus nombreuses, le taux de destruction est imparable, mais un point fait que le film n’arrive pas à surpasser ni même égaler son maître : les séismes sont redondants. Au bout du dixième tremblement de terre, aboutissement au même affaissement de terrain et d’immeubles, on se lasse. Heureusement, le tsunami vient donner un coup de boost pour la fin, bouleversant le paysage et proposant un défi nouveau, permettant de partir sur un peu plus de diversité. Pas de soucis, le spectacle est largement assuré, mais on aurait aimé un produit un peu moins commercial et plus recherché, dépassant un peu son sujet de base.

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