Les Souvenirs

Les Souvenirs
2015
Jean-Paul Rouve

Troisième film au compteur pour le tout frais réalisateur Jean-Paul Rouve, qui après des débuts calamiteux à la télévision a su s’imposer comme acteur, la plupart du temps comico-tragique, et qui revient à la réalisation après un certes cuisant échec commercial Quand je serai petit, mais qui n’étais pas loin du chef d’œuvre, et qui proposait en tout cas quelques chose d’osé et de nouveau, contrairement à son premier film oubliable. Enfin populaire cette fois ci avec un peu plus d’un million d’entrées, sans égaler son précédent film il confirme néanmoins son statut de cinéaste en devenir.

Que faire de ses vieux ? Arrivé à un certain âge, la maladresse et la sénilité deviennent un fléau mettant en péril leurs vies, surtout quand la solitude vient s’y mêler. C’est le cas de Madeleine (Annie Cordy), récemment devenue veuve, dont la situation inquiétait l’entourage. À 85 ans, seule dans un appartement, ça n’était plus possible, et son fils (Michel Blanc) prit la décision de la mettre en maison de retraite. Un crève cœur pour elle, qui ne voit en l’établissement qu’un mouroir des plus sinistres. Heureusement pour elle, tout le monde n’a pas encore décidé de l’enterrer, comme son petit fils (Mathieu Spinosi), qui voit en elle sa meilleure amie.

Il n’y a pas d’âge pour faire le point sur sa vie, tel est le message du film. D’un côté on a le petit fils, formidablement interprété, qui découvre la vie en explorant celle de sa grand-mère, qui quant à elle prospecte pour vérifier que le monde continuera de tourner sans elle, et de l’autre on a le fils, campé par un Michel Blanc impeccable, déjà retraité, qui a un peu eu une vie de con jusque là, et qui ne sait plus trop quoi faire maintenant, mais qu’importe tant que l’amour de sa vie (Chantal Lauby) est à ses côtés. Le film nous explique aussi qu’on construit nos vies autour de ceux qu’on aime, et qu’il n’y a rien de plus important que la passion. Et cela est fait avec beaucoup de poésie et de tendresse, comme avec le peintre, d’une nullité absolue, mais dont la bonté extrême de l’artiste donne un regard tout autre sur ces œuvres. Malgré la pauvresse de l’histoire, la sensibilité qui lui est portée la rend touchante, et le talent des acteurs fait le reste (avec parmi eux Audrey lamy et William Lebghil). Un film simple et pas franchement novateur, mais qui n’en reste pas moins beau.

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