Un moment d’égarement

Un moment d’égarement
2015
Jean-François Richet

Pas spécialement aimé, pas tellement populaire non plus avec ses neuf-cent mille entrées, le film éponyme de 1977 trouve pourtant ici un remake, qui est parti pour faire à peu de choses près un score final semblable. Une affaire de nostalgie il faut croire puisque c’est ici le fils du réalisateur du premier film qui reprend les rennes. Mais alors pourquoi s’y intéresser me direz-vous ? Un casting intéressant et une histoire correspondant au fantasme de tout homme : trouver une jeune minette pour ses vieux jours.

Meilleurs amis depuis longtemps, Antoine (François Cluzet) et Laurent (Vincent Cassel) vont partir passer l’été avec leurs filles en Corse, respectivement Louna (Lola Le Lann) et Marie (Alice Isaaz). Des petites vacances qui s’annonçaient tranquilles malgré les quelques caprices de sortie de leurs filles, mais les choses vont commencer à déraper quand Louna va tomber amoureuse de Laurent. Profitant d’un moment d’égarement de sa part lors d’une soirée arrosée, elle va réussir à le faire craquer, l’entraînant dans une spirale chaotique.

C’est bien connu, les filles aiment les hommes plus âgés. En fait, c’est plutôt qu’elles aiment toutes, quelque soit leur âge, l’homme encore fort mais grisonnant, glissant de la quarantaine à la cinquantaine. Au sommet de sa forme physique, de son sex-appeal, et souvent au sommet de sa gloire professionnelle. Bref, l’homme riche, confiant et beau, et avec un Vincent Cassel pour qui la vieillesse a de beaux restes, lui conférant un charme inédit, la représentation est parfaite. Pour son fruit défendu, la jeune débutante tout juste majeure au moment du tournage, et en deçà de quelques mois dans l’histoire afin d’augmenter la culpabilité en basculant dans le détournement de mineur, l’alchimie est au rendez-vous. L’actrice, quoiqu’un peu trop menue, a en effet un corps envoûtant, et son numéro de charme est irrésistible. Ainsi, le petit jeu est très sensuelle, et on y croit vraiment. Mais en dehors de ce tandem magique, aussi excitant que drôle, on retiendra aussi l’éblouissante Alice Isaaz, parfaite dans chacun de ses films, qui subjugue une fois de plus, non seulement de par sa beauté ahurissante, mais aussi de par son jeu bluffant, qui d’un simple regard peu faire basculer l’histoire. Comme prévu, l’histoire est cousue de fils blancs, mais la morale n’est pas aussi écrasante qu’on aurait pu le craindre (et la conclusion soulève quelques doutes), la tension faisant jeu égal avec le jeu de séduction, et avec un si bon casting on passe un excellent moment. Voilà qui donne envie de s’égarer !

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

1 réponse à Un moment d’égarement

  1. Julien dit :

    Mouais. Je n’ai pas vu le film, mais j’ai vu celui de 77.
    Il était très bien ; je ne vois pas l’intérêt d’en faire un remake ; d’autant plus que Jean-Pierre Marielle est meilleur acteur de Vincent Crochon, et qu’Agnès Soral est meilleure actrice que Lola Le Lann (qui n’a même pas de frère en plus).
    En plus de ça, ce film est une version gentillette de Dupont Lajoie sorti deux ans plus tôt et dont le message était bien plus intéressant (et très actuel).

    PS : Jean-François Richet n’est pas le fils de Claude Berry. Son fils, c’est le producteur, rien de plus.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.