Night Run

Night Run
2015
Jaume Collet-Serra

On ne change pas une recette qui gagne. Après les cartons mérités de Sans identité et Non-Stop, Jaume Collet-Serra retrouve son acteur fétiche pour la troisième fois d’affilée, gardant aussi le même registre, celui du film d’action. Mais reproduire éternellement les mêmes schémas lasse, d’autant que son Liam Neeson semble cantonné depuis bien trop longtemps à des rôles de gros bras dans des films d’action. Une monotonie dans sa carrière qui commence à coûter cher, puisqu’il s’agit de son troisième revers d’affilé en salle.

Quand on a soi-même mal tourné dans la vie, il arrive souvent que nos enfants suivent une voie aussi périlleuse. Baron de la mafia du coin, Shawn (Ed Harris) voyait son fils suivre ses pas, non sans s’attirer des problèmes. Obligé de descendre ceux avec qui il devait faire affaire, faute de pouvoir honorer son contrat, il laissera derrière lui un témoin : Mike (Joel Kinnaman). Voulant l’éliminer, il se fera descendre par son père, Jimmy (Liam Neeson). L’amitié qui unissait depuis toujours Shawn et Jimmy sera alors brisée, Shawn demandant le sang de Mike comme compensation.

Les scénaristes de ce film sont des débiles profonds… La légitime défense n’excuse pas tout, et avec les fréquentations douteuses du fils et le massacre qui a eu lieu juste avant, y rajouter un corps aurait été facile, ou du moins il aurait pu s’en débarrasser intelligemment au lieu de tout raconter au père endeuillé, tel un suicidaire. De même, compte tenu de la fin qu’on a, le film aurait pu trouver la même conclusion bien avant la moitié, rendant encore plus vide le développement. Alors non seulement la base ne repose sur rien, mais en plus elle n’évolue pas, les spectateurs ayant toutes les clefs pour comprendre la fin dès le premier quart d’heure. L’histoire est donc chiante et pas originale une seule seconde, d’autant plus de par son casting familier. Que reste t-il ? Une bonne mise en scène et de l’action ? Un peu, mais on se paye quand même de longs moments de flottement, et l’intro est très lente. Se reposer sur ses acquis est une grave erreur.

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