Tous peuvent me tuer

Tous peuvent me tuer
1957
Henri Decoin

Les chaînes de télévision font parfois n’importe quoi, à l’image des scénaristes de ce film. Presque tous ceux qui l’ont vu à l’époque sont morts, et perpétrer son souvenir n’a aucun sens puisqu’aucun des principaux acteurs du film n’a eu de brillante carrière derrière (en revanche, parmi les secondaires on retrouve Pierre Mondy, Jean-Claude Brialy et Jean-Pierre Marielle), que son succès n’avait rien de flamboyant, et qu’au contraire les critiques étaient plutôt mauvaises.

Dans le milieu des malfrats, préparer son coup est une chose primordiale, et un groupe de cinq hommes pensait avoir eu l’idée de génie. Ayant eu l’information comme quoi près de cinq-cents millions d’anciens francs sous forme de bijoux ne demandaient qu’à être cueillis, ils vont se construire un alibi en béton en se rendant coupable lors de cette même soirée, juste après le braquage, de vol avec effraction et ivresse publique en torpillant un bar. Une petite connerie de rien du tout, mais chaque membre va quand même écoper d’un an d’emprisonnement ferme, et ça n’était que le début de leur malheur. En effet, les membres du groupe vont les uns après les autres trouver la mort dans la prison, semant le doute entre eux et terrorisant les survivants.

Vouloir se fournir un alibi est le meilleur moyen d’attirer l’attention, donc rien que le principe est mauvais. Si rien ne peut les désigner comme coupables, alors autant éviter de se faire remarquer, et s’ils sont cramés, leur subterfuge n’aura pas le moindre effet. On a beau retourner la question dans tous les sens, le bilan sera le même : c’est débile. Et quand sur cinq membres d’un groupe, seuls deux sont correctement présentés, difficile de faire mine de s’inquiéter quand les premiers inutiles débarrassent le plancher, et on devine alors aisément ce qu’il se passera, jusqu’à un certain point. En effet, difficile de prévoir la toute dernière ligne droite tant celle-ci est improbable, stupide, anéantissant l’intégralité des enjeux du film. Un torpillage en règle, venant sanctionner l’égarement du spectateur.

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