Hunger Games – La Révolte : Partie 2

Hunger Games – La Révolte : Partie 2
2015
Francis Lawrence

Après un plagiat réussi, Hunger Games s’est embrasé avec brio, nous offrant second opus de qualité, surpassant son prédécesseur sur absolument tous les points, et le spectacle était à son comble. Il était alors question que la révolte se mette en marche, dévoilant, en dehors de l’univers établi, la véritable trame de fond de la saga. Joute politique peu convaincante, La Révolte : Partie 1 n’a pas su développer cette histoire, ayant des airs d’amuse-bouche chronophage avant la vraie conclusion. La déception était palpable, montrant les premiers signes de fatigue au box office, et les démarrage semblent encore une fois très en deçà ici, inquiétant pour la conclusion d’une saga aussi énorme.

Avec les districts qui se rassemblent, les jours du président Snow (Donald Sutherland) semblent comptés, mais prendre le capitole ne sera pas évident. Les forces se regroupent pour l’assaut final, tandis que le Gaie Moqueur, Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence), symbole de la résistance, se contente de parader dans les zones déjà prises, son groupe marchant dans les rues ne servant qu’à la propagande. Frustrée, elle ne cherche qu’une chose : une faille qui lui permettrait de tracer vers le palais.

Eh bah putain… Ça fait mal au cœur de voir la saga s’achever ainsi : comble absolu, ce quatrième et dernier volet est le plus mauvais de tous, le plus mal écrit, le plus mou, le plus ennuyeux. Point raté de sa première partie, la politique de mes couilles de cette Révolte laisse plus que jamais dubitatif, nous abreuvant de pathétisme durant les trois premiers quarts d’heure. Arrivé en ville, on croit que les choses vont enfin bouger avec les pièges, mais ces derniers sont nuls, pas très efficaces, dépourvus de ressort dramatique ou visuels. Même quand l’espèce de vase pétrolière monte, la situation est désamorcée d’emblée : non, l’escalier cassé ne sera pas un problème, le liquide va arrêter de lui même sa course pile au bon niveau. Le film ne démarrera pas non plus une fois dans les sous-sol, et la seule scène d’action, vraie première et quasi unique du film, aurait mieux valut ne pas exister. C’était plus ou moins logique dans La Terre Brûlée, et la qualité du film aide à faire passer la pilule, mais ici c’est juste une bourde monumentale : on se paye totalement gratuitement des zombis. Oui oui, des putains de morts-vivants ! Un pétage de plomb ahurissant, mais qui permet néanmoins de ne pas trop s’endormir, car diantre qu’il est long ce film… La suite ne rehaussera jamais le niveau, nous balançant une espèce de chatte extraterrestre, des morts stupides (genre la fille qui apparaît comme par magie juste pour se faire butter), une utilisation conne du hollow, appareil de détection finalement bidon, le revirement final sort de nulle part, et pas l’ombre d’une bonne scène d’action. Bla bla bla.

Un final globalement raté, mais tout autant inconsistant dans le détail. À force de multiplier les seconds rôles, plus aucun n’a de consistance, au point que ceux ayant plus de deux répliques se comptent sur les doigts d’une main, tandis que d’autres auraient mérité de moins se montrer, tel Peeta Mellark (Josh Hutcherson), le plus gros boulet de l’univers, tout sauf convaincant dans sa romance, et son évolution psychologique est foireuse. Enfin bon, difficile d’exister quand le film rassemble dans ses rangs Liam HemsworthWoody HarrelsonElizabeth BanksStanley TucciJena Malone, Elden HensonNatalie DormerPhilip Seymour Hoffman et Julianne Moore. Le problème, c’est que même l’héroïne est limite insupportable, son arrogance atteignant des sommets alors que mise à part un détail à la con sur la fin, qui non seulement arrive comme un cheveu sur la soupe, n’a aucun sens et qu’on sent venir à des kilomètres, elle ne sert à rien. Visiblement, la saga n’a pas su exister en dehors des jeux de l’expiation, et on paye cher les faiblesses d’écritures sur ce final insipide. On a essayé de nous la vendre comme une grande franchise, mais elle n’en avait en fait pas les épaules.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *