Starcraft II Legacy of the Void

Starcraft II Legacy of the Void
2015
PC

Attendu comme le messie des jeux de stratégie, Starcraft II premier du nom était effectivement un excellent représentant du genre, mais ne s’est pas avéré être la claque qu’on attendait et qu’avait était le jeu originel. Sans en attendre tellement plus, on était tout de même curieux de savoir pourquoi trois ans ont séparé la première histoire centrée sur les Terrans et Heart of the Swarm, la campagne Zerg. Et effectivement, loin d’être une banale extension, le jeu s’est révélé être une véritable suite, prodigieuse qui plus est, nous livrant enfin le chef d’œuvre tant espéré. Mystérieux, mystiques et angoissants, les Protoss nous réservaient quant à eux la conclusion de la trilogie, à nouveau près de trois ans après le précédent, mais pour un résultat en demi-teinte.

Graphismes : 15/20

Alors que la campagne Zerg bénéficiait d’une véritable évolution graphique, ça n’est pas le cas cette fois. Néanmoins, une différence notable se fait sentir : la mise en scène et la direction artistique. Exit le monde organique et malsain des monstres Zerg, composé d’un bestiaire impressionnant de diversité et jouissant d’une grande inspiration, nous proposant en plus des hybrides des colosses cauchemardesques. Il faudra cette fois composer avec l’architecture tapageuse des Protoss, couvert d’or et de lumières aveuglantes. Ça a son charme bien sûr, mais c’est beaucoup plus classique et l’aventure ne réserve pas de surprise visuelle marquante. L’univers des Protoss n’est pas si intéressant et les environnements visités nous laissent de marbre. Techniquement le jeu n’est pas moins beau, mais il est moins inspiré.

Jouabilité : 16/20

Là encore, si les bases du jeu restent les mêmes, c’est au niveau de son utilisation que ce troisième opus marque un retrait par rapport au second. Grâce à tout un tas de nouveautés et de pouvoirs propres à l’aventure solo, on ressent comme pour les précédents jeux la suprématie de son clan, sans pour autant nous donner le sentiment de dépasser les précédents. Certes, les Protoss possèdent un système de création d’unités extrêmement rapide avec en plus une possibilité de téléportation, et leurs bâtiments défensifs sont incomparablement plus puissants avec en plus un système de barrière rendant quasi invulnérable, mais pourtant on repense avec nostalgie à la résurrection des zerlings et leurs assauts infinis sans besoin de ressource, chose que les Protoss consomment à une vitesse phénoménale. Mais le plus grave dans tout ça c’est bien les missions. Très loin de la diversité du précédent, le jeu ne propose que peu de variantes. L’intervention des personnages principaux se fait rare, et même les phases scénarisées tout court au sein d’une mission sont quasiment absentes. Une certaine redondance fini par se faire sentir, et on soupirera plus d’une fois à cause des soucis d’IA des alliés qui semblent privilégier le suicide.

Durée de vie : 14/20

Comme pour Heart of the Swarm, on compte grosso modo 25 missions, dont une vingtaine pour la campagne principale, ce qui représente une quinzaine d’heures. Le jeu possède aussi un prologue, amer déception qui nous fait comprendre que le fil conducteur qu’était Zératul ne sera pas le héros de ce jeu, et un épilogue pour boucler l’histoire, l’occasion de varier un peu les plaisirs avec la prise en main successive des trois races. Reste ensuite les parties en ligne, unique raison du jeu pour nombre de joueurs, mais l’absence de LAN restera éternellement en travers de la gorge.

Bande son : 16/20

Point de changement notable, les thèmes, bruitages et doublages étant inchangés. Reste qu’on passe des Zergs aux Protoss, remplaçant l’organique par du synthétique, pour un résultat moins original et parfois à la limite de la compréhension. À noter en revanche la déception en matière de retrouvailles, les Protoss faisant cavalier seuls, on ne retrouve que peu des voix passées.

Scénario : 14/20

On démarrait tranquillement la saga, puis l’ambition s’est dévoilée en seconde partie, bien que fondamentalement pompé sur Mass Effect. À l’image du maître absolu de la SF et du jeux vidéo en général, la trilogie propose à son tour une menace qui n’a pas de début mais qui pourrait avoir une fin : le cycle de la destruction, orchestrée ici par Armon. Légende du vide, il pourrait bien être stoppé par la réconciliation des trois races éternellement en guerre : les Protoss, les Zergs et les Terrans. Malheureusement, avec une campagne solo décevante et redondante, entièrement basée sur les problèmes propres aux Protoss et n’ayant pratiquement aucune interaction avec les autres races, la trame de fond évolue au compte goutte pour un final clairement pas à la hauteur. Il fallait bien conclure l’histoire, le job est fait, mais sans la puissance d’antan.

Note Globale : 15/20

Plus de cinq années se sont écoulées depuis la sortie de Wings of Liberty, ambitieux travail, fruit du labeur de six longues années de développement, pour un total de onze pour la trilogie. Pourtant, si avec Heart of the Swarm on avait cru à la résurrection de la légende, globalement la saga Starcraft II n’a pas atteint la cime sur laquelle repose le mythique Starcraft. Les graphismes et la jouabilité ont été remit au goût du jour pour un plaisir de jeu toujours aussi grand avec un équilibre incertain mais remarquable vu le diversité des trois races, mais l’univers a montré quelques failles pour un scénario pas si solide. Le cliché patriotique et badass des Terrans a fait office d’introduction de qualité, tandis que les psychopathes de Zergs ont offert une expérience grandiose, mais cette conclusion Protoss laisse un arrière goût d’inachevé. Leur univers propre est de loin le moins intéressant de tous, avec une mystification bancale et une fin bâclée. On espère qu’un Starcraft III viendra mettre tout le monde d’accord, mais en attendant cette suite n’a pas répondu à toutes nos exigences.

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