Les Liaisons dangereuses 1960

Les Liaisons dangereuses 1960
1960
Roger Vadim

Grand classique de la littérature écrit par Pierre Choderlos de Laclos, paru en 1782, son roman fut adapté maintes fois au cinéma, dont la version la plus populaire est l’américano-britannique de 1988, mais la France fut la première à rentrer dans la danse avec cette version très critiquée. Jugée trop loin de son support d’origine, elle due porter la mention « 1960 » de par sa modernisation, ce qui ne l’empêcha pas de dépasser nonchalamment les quatre millions d’entrées. Mais bon, avec des films comme Les Bronzés 3, Astérix et autres Bienvenu chez les Ch’ti, le mauvais goût des français n’est plus à prouver.

On peut déclarer sincèrement sa flamme à une personne un jour, puis se mourir d’amour pour une autre le lendemain. Marié à une femme qu’il aime, Valmont (Gérard Philipe) ne peut pourtant s’empêcher de courtiser toutes les belles demoiselles qu’il croise. Au contraire, Danceny (Jean-Louis Trintignant) est éperdument amoureux de la même personne et ne cherche aucunement la compagnie d’autres femmes, mais souhaitant finir ses études et faire son service militaire avant de se marier, il risque bien de la perdre, d’autant que Valmont lui cours après.

J’ai comme l’impression que la beauté féminine se fait la malle. C’est fou comme c’était mieux avant. Les coupes étaient élaborées, sensuelles, charmantes et élégantes, et le côté fragile, naïf et innocent était irrésistible. Plus encore, un accent étranger et c’est la mâchoire qui tombe par terre. Difficile dans ces conditions d’en vouloir à quelqu’un comme Valmont tant son addiction à la séduction est naturelle, au contraire de Dancery dont le nom rime avec connerie. D’ailleurs, si l’un des deux devait être un connard, ça ne serait certainement pas Valmont. Mais bon, courir les dames va bien un temps, seulement cela ne fait pas un film. Il y a de ci de là quelques rebondissements, des drames, des « scandales », mais en réalité il ne se passe pratiquement rien et bien souvent on s’ennuie ferme. Les jeux d’acteurs sont en revanche intéressants, et la mise en scène assez recherchée avec une caméra très mobile. Il semblerait que le livre ait était surévalué, à moins que ça ne soit son potentiel cinématographique qui pose problème, mais l’histoire est assurément trop faible.

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