Kill Your Friends

Kill Your Friends
2015
Owen Harris

Milieu peu représenté au cinéma et quasi mythique à chaque fois qu’on l’aborde, que ce soit en mode romantique avec Le Come-back, en décomplexé et rebelle style Good Morning England, ou en provocateur et fou avec la rock star dans Love Actualy, la musique va nous être présenté sous un jour nouveau : celui des producteurs de disques. Si vous croyez que les rock-stars sont déjantées et abusent comme personne des produits illicites, vous allez vite comprendre qui sont les véritables maîtres du genre.

Il n’a même pas encore la trentaine, mais Steven Stelfox (Nicholas Hoult) a déjà consommé plus de drogues qu’une ville de mille habitant en cent ans et voudrait être le chef de sa maison de production. Il se contrefout des artistes avec qui il signe, de leur succès sur le long terme ou de la qualité de leurs musiques pour peu que ça se vende et que ça rapporte gros. Dans ce monde où le talent n’a pas sa place, c’est à celui qui décrochera un contrat juteux en premier, et à l’annonce de la promotion d’un de ses collègues (James Corden), il va péter un câble et le butter. Il va alors peu à peu sombrer dans une spirale destructrice, surtout pour les autres.

Eh bien voilà qui fait du bien ! On s’en bat les steaks des morales à la con : il est parfois libérateur de voir un bon gros connard charismatique se foutre royalement des autres, se mettre minable h24, le nez plein de poudre, le tout dans une course carriériste effrénée. Le portrait fait des personnages n’est pas tendre, tout le monde ayant un fond bien tordu et dégueulasse, et c’est frais de voir des protagonistes originaux loin des canons classiques. Nicholas Hoult nous livre un psychopathe génial, voir Moritz Bleibtreu en musicien hardcore qui chante « suck my dick » n’a pas de prix, et les autres protagonistes sont géniaux (Ed Skrein, Rosanna Arquette). L’ambiance est extrême, la mise en scène psychédélique, le rythme alletant, l’histoire palpitante et on s’éclate. Belle originalité, frais et dynamique.

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