Babysitting 2

Babysitting 2
2015
Nicolas Benamou, Philippe Lacheau

Un peu moins de deux ans après le succès surprise de Babysitting, sorte de Projet X à la française, qui avait amassé plus de deux millions d’entrées, la bande se reforme pour une suite qui avait tout de la mauvaise blague. Ragaillardis par leur succès, on aurait dit après l’annonce de la suite qu’elle n’était que des vacances au Brésil déguisées, séquelle malhonnête prétexte à du bon temps sur fond de capitalisation improbable. Même avec une sortie proche des fêtes de fin d’année, on ne s’attendait pas à de grosses performances, mais finalement grâce à des notes étrangement bonnes, c’est carrément trois millions de français qui s’y sont lancé. On pouvait douter de la légitimité du film, mais finalement la cuvée est très bonne, et si cela devient une franchise, pourquoi pas.

Avoir la fille (Alice David) était déjà suffisamment dur comme ça, mais cette fois Franck (Philippe Lacheau) va devoir affronter son beau-père (Christian Clavier), pallier de difficulté supérieur. Très difficile à satisfaire, il a en revanche le mérite d’être le gérant d’un hôtel au de gamme au Brésil, permettant d’assurer des vacances de qualité. Alors que la bande s’en allait faire une simple petite promenade, 24 heures plus tard elle n’avait toujours pas donné signe de vie. Tout ce qu’on va retrouver d’eux c’est la caméra Go Pro de l’un d’eux, témoignage de leur improbable périple.

C’était déjà le principe du premier, et cette fois encore cela marche à la perfection. On installe le décor et les personnages, tout semble se profiler normalement, et pourtant, quelques instants plus tard on découvre que tout est parti en vrille et on nous propose de revivre le cheminement du désastre par le biais de multiples vidéos prises en cours de route par l’une des personnes impliquées. Alors forcément, c’est très con dans le principe : si les spectateurs des vidéos s’inquiétaient vraiment pour leurs amis / proches, ils ne regarderaient pas les vidéos dans l’ordre mais iraient voir directement leur dernier emplacement connu, mais on perdrait forcément tout l’effet comique de la situation. On pouvait craindre un intérêt moindre de part une bande inchangée (avec Vincent Desagnat) – mais agrémentée (Élodie Fontan) – et un principe identique, mais le changement de décors, de situations et de spectateurs (incluant Jérôme Commandeur et Valérie Karsenti) relance l’intérêt de manière significative, faisant preuve d’une belle innovation. Le film arrive pleinement à se renouveler, l’humour est frais et percutant, le délire part encore plus loin que dans le premier : on se régale. Si l’envie y est et que les nouvelles idées sont toujours aussi intéressantes, c’est le genre d’expérience déclinable à l’infini et qu’on aura toujours plaisir à revoir.

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