Hardcore Henry

Hardcore Henry
2016
Ilya Naishuller

Présenté en 2014, le film avait tout de l’idée de génie : un film en vue subjective imitant les jeux-vidéos FPS (First Person Shoot) pour une purge d’action démentielle. On y voyait alors une démo dans un vieil immeuble désaffecté où le héros massacrait des soldats à la pelle, accompagné par Sharlto Copley, et ça avait l’air exceptionnel. Le temps de trouver les fonds pour terminer le film et le distribuer, nous voilà deux ans plus tard.

Que se cachait réellement derrière cette surenchère d’action ? Eh bien on se le demande toujours, et la réponse varie en fonction de la scène ou de la quantité de cocaïne ingurgitée par le réalisateur / producteur / scénariste. Au début en tous cas, ça démarre sur un certain Henry, devenu à moitié robot depuis un accident, et depuis sa reconstruction améliorée il est devenu une arme incroyable particulièrement convoitée. Pour le récupérer, un vilain nazi russe télé-kinésiste va lui voler sa fiancé, et ça va se payer.

Faire le film en mode FPS était assurément l’argument de vente principal pour ce déluge d’action qu’on imaginait difficilement autre chose que décérébré, mais quand même pas à ce point bordel… Absolument tous les éléments scénaristiques sont contradictoires entre eux, toutes les scènes semblent sortir de nulle part, et même en terme d’ambiance ou style d’époque le film part constamment en vrille. On a des clones contrôlés par la pensée par un même gars mais tous ont des personnalités différentes en mode gros schizophrène, on a des cascades folles qui défient les lois de l’apesanteur, un tank complètement gratuit, des pistolets avec 200 balles quand les mitraillettes sont bonnes à jeter après deux coups, et bien sûr tous les gros clichés russes sur les femmes, l’alcool et la drogue. Si encore c’était drôle, mais même pas. Pareil pour le principe même du film : là où Doom s’en servait de point culminant pour une séquence puissante, celui-ci abuse outrageusement en enchaînant tout en mode junkie surexcité à grand renfort de musique métal, ne faisant que nous causer un énorme mal de tête. Dans l’absolu ça aurait pu être une idée originale et bien bourrue, mais avec un scénario à ce point exécrable, de l’overdose d’action et une caméra folle rendant les trois-quarts illisibles, ça n’est rien de plus qu’un pétard mouillé hasardeux.

Disponible en version alternative vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=P09dQc3-Sgw

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