Comment c’est loin

Comment c’est loin
2015
Orelsan, Christophe Offenstein

Connaissez-vous Orelsan et Gringe ? Si oui, vous avez probablement vu et adoré ce film. Sinon, c’est bien normal car ce sont deux rappeurs blancs et normands, tout juste potentiellement familiers grâce à leurs mini-épisodes de Bloqués sur Canal +. Un film mi-autobiographie mi-fiction sur deux quasi inconnus, surtout avec pour toile de fond le rap, c’était un projet risqué et très probablement confidentiel, mais avec plus de 240 000 entrées, le pari fut remporté, porté par d’excellentes critiques attisant la curiosité.

Le succès n’était pas gagné pour l’apprenti duo de rappeur à leur début. Glandant depuis un an déjà depuis leur contrat avec une radio, les « Casseurs Flowters » n’avaient toujours pas fini un seul morceau, achevant la patiente de leurs promoteurs, leur assénant un ultimatum : si d’ici 24h ils n’ont toujours rien à montrer, ils n’auront qu’à voir ailleurs. Ô le stress…

Voir deux types se traîner comme des loques tout le film durant, ça ne gageait pas grand chose, surtout quand on ne connaît pas les artistes et qu’on est pas spécialement sensible au slam et autres raps, mais finalement c’est à la fois original et bien fait. Un peu saoulant et ennuyeux au début, nos deux grands paumés finissent par nous faire rire de par leur décalage et leur folie. Orelsan est complètement à l’ouest, comme en permanence sous acide, tandis que Gringe brille par sa capacité à tout abandonner, sans compter son immense perversion. L’ambiance, laissant d’abord dubitatif, fini par emporter l’adhésion grâce à ses personnages irrécupérables et la composition musicale. Même si on est imperméable au genre, il faut bien dire que la dizaine de compositions originales créées expressément pour le film sont très bien écrites, à la fois percutantes dans le texte et très appropriées dans le contexte. Bien sûr, si on aime le genre le résultat sera d’autant plus probant, mais ses qualités sont indéniables et le style a le mérite d’être poussé au max.

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