Je compte sur vous

Je compte sur vous
2015
Pascal Elbé

Entre 2005 et 2006, un israélien du nom de Gilbert Chikli a subtilisé plusieurs millions d’euros grâce à une arnaque téléphonique finement rodée, ruinant certaines entreprises et détruisant des dizaines de vies, certains s’étant suicidés après une telle affaire. Une histoire loin d’être drôle, mais ne faisant que s’en inspirer pour le principe de base, le film va tout de même tenter de nous divertir avec, ce qui a soulever bien des débats en amont pour son approche polémique, mais c’est bien une fiction que nous avons là malgré les similitudes.

Juif obsédé par l’argent et très habile dans l’arnaque, Gilbert Perez (Vincent Elbaz) va avoir l’idée de monter un plan grâce aux téléphones intraçables de son oncle. Se faisant passer pour le président d’une boîte, il va appeler un employé bancaire haut placé pour lui demander de grosses sommes d’argent, prétextant une lutte contre le terrorisme sous couvert de mission secrète de la plus haute importance. Des ficelles d’apparence très grosses, mais entre un plan millimétré, un charisme indéniable et une expertise en psychologie, il va tout rafler.

Quand on touche un sujet sensible, il est osé de vouloir rendre une sordide histoire comique, plus encore quand on veut faire d’un ignoble escroc un charismatique et sympathique voleur des temps modernes. Le film démarre doucement avec le tout premier coup, encore balbutiant, nous faisant nous demander s’il sait vraiment où il va avec son histoire de projet top secret, puis finalement on se retrouve happé par le stress et l’excitation de se casse vocal. Eh oui, il y a des gens à ce point crédules et naïf, et si l’on est un peu mal à l’aise devant une personne dont le monde vient de s’écrouler, on est aussi impressionné par l’art et la manière. Il faut dire que le film se concentre vraiment beaucoup sur le faux président téléphonique, délaissant les autres personnages (on retrouve aussi Julie Gayet et Zabou Breitman), lui conférant une stature imposante. Entre admiration et amusement, on se retrouve complètement immergé dans l’histoire, qui sans être révolutionnaire ni dans le genre ni dans la forme, nous offre un bon film de braquage provocateur.

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